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Vietnam. « Ma vie et ma mort appartiennent à mon troupeau ! »

Le 12 mars prochain, l’Église du Vietnam commémorera le 80e anniversaire de la mort du serviteur de Dieu François-Xavier Truong Buu Diep (1897-1946). Il sera béatifié le 2 juillet prochain. On connaît mieux en France un autre François-Xavier vietnamien, François-Xavier Nguyen Van Thuan (1928-2002), ce cardinal  reconnu comme vénérable en mai 2017. Nommé archevêque coadjuteur de Saïgon en 1975, année de la victoire des communistes, il avait été interné par les nouvelles autorités pendant plus de treize ans. En raison de ses vertus héroïques reconnues par le pape François, et de la clairvoyance dont témoigne son ouvrage Sur le chemin de l'Espérance, il incarne la force de l’Église vietnamienne, qui a traversé les crises du XXe siècle. Pourtant, si le vénérable cardinal Van Thuan connaît une réputation internationale, au Vietnam, c’est plutôt le père François-Xavier Truong Buu Diep qui fait figure de saint local. Ses images couvrent les oratoires et pendent même sous les rétroviseurs des véhicules.

Prêtre diocésain, il avait été nommé à Tac Say, au sud du pays. Le prêtre est resté dans les mémoires pour la douceur et l’éloquence de ses sermons, ainsi que pour sa sollicitude envers les pauvres et les voyageurs, sans distinction. Convaincu de l’importance, pour l’Église, de s’ouvrir à toute la population, il invitait des personnes de toutes religions à des repas et autorisait l'utilisation d'un terrain du cimetière paroissial pour l'inhumation des non-catholiques.

Le 12 mars 1946, soixante de ses paroissiens furent capturés et enfermés dans un bâtiment, accusés d’intelligence avec l’ennemi français. Le profil des assaillants reste sujet à des débats contradictoires. Selon la Conférence des évêques vietnamiens, il s’agissait de déserteurs de l’armée impériale japonaise, défaite quelques mois plus tôt, qui avaient rejoint les communistes de Ho Chi Minh. Ils avaient posé des bottes de paille contre le bâtiment afin de l’incendier mais le prêtre s’était interposé en offrant sa vie contre celles de ses paroissiens. En refusant de quitter cette paroisse qu’on savait en danger, il avait déclaré : « Ma vie et ma mort appartiennent à mon troupeau ! Le berger doit demeurer là où vit son troupeau ! » S’étant proposé comme victime, l’abbé Diêp fut assassiné mais son sacrifice sauva la vie de ses protégés.

La tombe de ce berger qui avait donné sa vie pour ses brebis est rapidement devenue un lieu de pèlerinage. Selon le site web de la Conférence des évêques du Vietnam, des milliers de personnes, catholiques et non catholiques, venues du pays et de l'étranger, viennent se recueillir dans l’église de Tắc Sậy.

(Source : Conférence des évêques du Vietnam, et Asianews, 25/11/2024)

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