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Deux infirmières chrétiennes pakistanaises acquittées de blasphème

Les deux infirmières chrétiennes pakistanaises acquittées pour blasphème. © AED

Les cas de Mariam, 52 ans, et Newosh, 19 ans, illustrent douloureusement les conséquences de la loi anti-blasphème pakistanaise. En avril 2011, les deux infirmières chrétiennes avaient été accusées de « blasphème » devant la justice pakistanaise. Arrêtées, elles ont été détenues 5 mois avant d’être relâchées et confinées chez elles en raison des risques d’attaques d’extrémistes musulmans. Elles ont finalement été acquittées au mois de novembre 2025 par une cour de justice pakistanaise, en raison d’insuffisance de preuves contre elles. Le délai d’appel étant dépassé en cette fin de mois de janvier 2026, elles ne peuvent plus être condamnées dans le cadre de cette affaire.

Le calvaire de ces deux femmes a débuté par un geste apparemment très anodin. Elles auraient abîmé un autocollant couvrant une tasse utilisée sur leur lieu de travail. Or l’un des médecins qui travaillaient avec elles, à l’hôpital civil de Faisalabad, les a dénoncées. Sur l’autocollant figurait un extrait du Coran. Leur geste a aussitôt été interprété comme une agression de deux infidèles à l’encontre de la foi musulmane. La rumeur s’est répandue, et une foule s’est formée pour lyncher les deux femmes. Elles ont été sauvées par la police pakistanaise qui les a arrêtées. Mais elles sont tombées sous le coup de l’article 295-B du code pénal pakistanais qui prévoit l’emprisonnement à vie pour quiconque dégrade le texte du Coran.

Le directeur de la Commission justice et paix au Pakistan (NCJP), le père Khalid Rashid Ali, assure que leur acquittement représente un cas historique.  « Au Pakistan, les cours se montrent souvent réticentes à acquitter les accusés de blasphème en raison de la pression sociale et des risques encourus », constate-t-il.  Cette fois, la cour a fait preuve d’une indépendance remarquable. La NCPJ a accompagné les deux infirmières dans leur défense, ainsi que celle d’autres chrétiens qui se sont trouvés dans une situation comparable. Le père Khalid tient à souligner le courage des avocats Sanaullah Baig et Shahid Anwar qui ont assuré la défense des infirmières. « Elles ont enduré de sérieuses menaces de la part d’individus qui s’opposaient à ce qu’une défense soit accordée aux accusées », témoigne-t-il.

Dans l’affaire des deux infirmières, l’absence de preuves contre les accusées a été déterminantes. Mais la loi anti-blasphème n’a jamais été remise en cause. S’il avait été avéré que les infirmières avaient effectivement gratté un autocollant portant un extrait du Coran, cela aurait probablement suffi à les renvoyer en prison. Le problème de l’application très large de cette loi reste d’autant plus préoccupant que l’accusateur n’a pas été inquiété.

(Source : Aide à l’Église en détresse, 27/01/2026)

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