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La puissance du sacerdoce

La canonisation de Carlo Acutis, le 7 septembre dernier, moins de vingt ans après sa mort, a eu un écho mondial. La foi et l’engagement apostolique résolu de ce jeune Italien mort à 15 ans l’avaient conduit, lors de son court passage sur terre, à créer un site Internet décrivant 136 miracles eucharistiques. De toute son âme, l’adolescent a cherché à diffuser cette information aussi largement que possible sur la toile. 

Le « geek de Dieu », précurseur de l’action des 1000 raisons de croire, souhaitait répondre à la « soif de Dieu » des hommes et des femmes de notre temps. Et les jeunes, en particulier, ont une grande soif de Dieu, comme l’a rappelé le cardinal François Bustillo lors de la conférence de clôture du Festival 1000 raisons de croire organisé à Nice du 4 au 12 octobre derniers.

Aujourd’hui, les prêtres et les évêques se disent « étonnés » de la forte hausse du nombre de catéchumènes, multiplié par trois dans les dernières années. Une enquête d’Aleteia et de Famille chrétienne a analysé ce phénomène nouveau : « 78 % d’entre eux considèrent que les réseaux sociaux ont joué un rôle dans la découverte ou l’approfondissement de leur foi. Et dans le détail, ils sont même 46 % à estimer que cela a beaucoup compté pour eux. » 

Voilà pourquoi l’exemple du « cyber-apôtre » utilisant les moyens de communication modernes est si puissant. Toutefois, l’extraordinaire dossier des raisons de croire ne se limite pas aux miracles eucharistiques. Il y a bien d’autres faits, miracles, apparitions et prophéties, sans compter les magnifiques figures des saints qui, en puisant la force de surmonter leurs difficultés dans l’exemple, le message et l’union au Christ, ont « exercé de manière héroïque les vertus chrétiennes », selon l’expression du Dicastère des Causes des saints au Vatican.

Ce numéro est consacré à l’humble et saint Curé d’Ars. Au début du XIXe siècle, il illumina la France et attira les foules dans un petit village de 250 habitants, perdu dans la campagne lyonnaise. Par quel prodige ? Comment expliquer un tel rayonnement ? « Mon secret, c’est bien simple : c’est de tout donner et de ne rien garder », confessa-t-il un jour. C’est cette radicalité dans le don de soi qui a conduit Jean-Marie Vianney, « passionnément donné à son ministère » (Léon XIV), à produire des fruits surnaturels de grâce et des miracles de toutes sortes : charisme de connaissance, capacité de toucher les cœurs, guérisons nombreuses, multiplication de nourriture, combat contre le diable. Ces fruits sont nés de son grand désir d’union à Dieu (de longues heures passées devant le tabernacle), de son souci des âmes (jusqu’à 16 heures par jour au confessionnal) et d’une grande ascèse (nourriture, sommeil, mortification, pénitence, pauvreté).

Canonisé il y a 100 ans, en 1925, il fut quatre ans plus tard proclamé « patron de tous les curés du monde » par Pie XI, puis présenté comme « modèle des prêtres » par Jean XXIII, 150 ans après sa mort. Dans sa petitesse, Jean-Marie Vianney manifeste la puissance du sacerdoce. Lui-même s’en émerveillait : « Oh, que le prêtre est quelque chose de grand !  [...] Si nous comprenions bien ce qu’est un prêtre sur terre, nous mourrions : non pas de peur mais d’amour. »
 

Olivier Bonnassies

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