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Un victoire des défenseurs des jeunes Pakistanaises

Saleem Haider Khan, le gouverneur du Pendjab / CCO

Saleem Haider Khan, le gouverneur de la Province du Penjab, a signé mercredi 11 février une ordonnance élevant l’âge légal du mariage pour les jeunes pakistanaises à 18 ans. Désormais, au Penjab, tout Pakistanais qui épouserait une mineure sera passible d’une peine d’emprisonnement qui pourra s’élever à sept ans de prison. Cette décision a été largement saluée par les défenseurs des droits des minorités religieuses, car elle va faciliter la défense des jeunes filles épousées de force.

Deux ans auparavant, un décret similaire concernait la seule capitale du Pakistan, Islamabad. À présent, la décision s’étend à tout le Penjab, la province la plus peuplée du pays, avec ses 120 millions d’habitants. La décision du gouverneur paraît d’autant plus courageuse qu’elle a fait l’objet d’une forte résistance de la part de divers groupes religieux islamiques. Ils sont très puissants dans un pays où près de 96% de la population est musulmane.

Au sein même du gouvernement, le Conseil de l’idéologie islamique s’est montré hostile à toute décision allant dans le sens d’une élévation de l’âge minimum de mariage. Cet organisme constitutionnel de la République islamique du Pakistan apporte une expertise juridique au gouvernement et au Parlement. La Constitution du pays prévoit que ses avis soient « en accord avec les principes et concepts islamiques tels qu’énoncés dans le Coran et la Sunna ». Or, les membres de ce Conseil ont objecté que la jurisprudence islamique ne prévoit pas l’interdiction du mariage des mineures.

Pourtant le décret est passé et il pourrait à terme s’étendre à l’ensemble du pays. La Commission Nationale justice et Paix (CNJP), organe de l’Église catholique locale, s’en est réjouie dans une déclaration commune : « Cette loi jouera un rôle crucial dans la protection de nos jeunes filles mineures contre les conversions et les mariages forcés. » Les cas d’enlèvements, de mariages et de conversions forcées de jeunes filles issues des minorités religieuses défraient régulièrement la chronique. Selon la CNJP, ils concerneraient un millier de victimes chaque année. La Commission ajoute que beaucoup de familles touchées par ces méfaits ignorent qu’elles peuvent faire appel à la justice de leur pays.

Ce décret permet de clarifier la loi aux yeux de tous les Pakistanais, et pourra être utilisé par les avocats des jeunes filles pour faire condamner leurs agresseurs, se réjouit Mgr Samson Shukardin,  président de la Conférence épiscopale pakistanaise. Il ajoute : « Nous, chrétiens, disons qu’aucune jeune fille ne devrait se marier avant l’âge de 18 ans, parce qu’elles sont encore des enfants. »

Sources : Morning Star News (12/2/2026) et Dawn (12/2/2026)

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