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Un pont nommé « San Diablo » fait scandale en Bolivie

Saint Georges tue le dragon, peinture de Jost Haller | Crédit : Musée d'Unterlinden à Colmar, France (CC BY 2.0)

L’asphalte progresse en Bolivie. Dans l’est du pays, aux confins du Bassin amazonien, la route qui relie San José de Chiquitos à San Ignacio de Velasco se transforme petit à petit en autoroute goudronnée. Cette route nord-sud était auparavant un chemin de terre et de gravier, impraticable lors des fortes pluies. Mais cet indéniable progrès a son bémol : un invité indésirable vient gâcher le confort accru des voyageurs et riverains.

Un pont cause problème, plus exactement son nom. À mesure que les travaux avancent, la signalisation routière est installée. Or, les autorités ont « baptisé » ce pont « San Diablo ». Au kilomètre 68, un panneau annonce donc aux passants la proximité du pont et la canonisation du Diable...

Faut-il en sourire, estimer l’affaire anodine ? Après tout, la France très chrétienne peut compter ses nombreux « ponts du diable » : il y en aurait plus de 150 ! Toutefois, les Ponts et Chaussées n’ont jamais canonisé le diable. En Bolivie, l’évêque du lieu, Mgr Robert Flock, évêque de Santa Cruz de la Sierra, n’est pas disposé à rester muet devant cette provocation. « C'est un blasphème et une stupidité. Le diable n'est pas saint. Seul Dieu est saint », écrit-il dans un communiqué daté du 16 janvier 2026 et publié dans le journal El Día. En exergue de son texte, il cite l’Apocalypse : « Toi seul es saint, et toutes les nations viendront se prosterner devant toi, car la justice de tes œuvres a été révélée. »(Apocalypse 15:4)

Mais l’évêque ne se contente pas de citer la Parole de Dieu aux autorités, pour le moment silencieuses. Il ajoute : « En vertu de mon autorité d'évêque, appuyée par la Constitution de Bolivie et le Traité international entre le Saint-Siège et l'État plurinational, je change le nom en Saint Georges.» Il justifie ensuite sa légitimité et son autorité à opérer ce changement en rappelant l’article 410 de la Constitution politique de l’État. Celui-ci prévoit que « les normes juridiques sont régies par la hiérarchie suivante : 1. Constitution politique de l’État. 2. Traités internationaux. 3. Lois nationales, statuts autonomes ». L’évêque s’appuie donc sur le fait que les traités internationaux priment sur les lois nationales. Or le traité international actuel signé entre la Bolivie et le Vatican précise bien que « les affaires internes de l’Église catholique sont régies par le droit canonique » lequel stipule que « l’évêque doit prendre soin de tous les fidèles et frères de sa juridiction, même ceux qui ne sont pas catholiques (canon 383), et que “le salut des âmes doit toujours être la loi suprême dans l’Église” (canon 1752). »

Selon Mgr. Robert Flock, nommer un pont « San Diablo » sur une route en construction a un impact sur le salut des âmes. Il met en relation cette nomination avec des pratiques diaboliques dans la population. L’évêque rappelle dans son communiqué une affaire sordide survenue à « Miraflores, au sud de San Rafael de Velasco, en août 2024, non loin du pont “San Diablo”  et de la colline portant ce nom. Une jeune fille de 17 ans […] a sauvagement assassiné une fillette de 8 ans pour accomplir un rituel lié à ses croyances. […] L'autopsie révéla que la fillette avait reçu 31 coups de couteau et avait été presque décapitée. Avec l'aide de ses parents, la jeune fille enterra la victime sacrifiée chez elle, où ils brûlèrent les restes d'animaux ayant subi le même sort. »

Mgr. Flock prie ardemment « pour la conversion au christianisme des responsables et des autorités andines ». Il renomme le pont « Saint-Georges » et prie d’agir contre les attaques démoniaques ce protecteur des vierges, patron de la cavalerie et des armées dans plusieurs pays comme la France, l'Italie, les États-Unis, le Brésil, le Paraguay, l'Uruguay et la Bolivie.

(Sources : eldia.com.bo, aciprensa.com)

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