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Au Porto Rico, une nouvelle loi reconnaît l’enfant à naître comme être humain

CC0 Domaine public

Jennifer González Colón, gouverneur de Porto Rico, a signé le 12 février dernier une loi reconnaissant que l’enfant à naître est un être humain. En conséquence, cette loi modifie  le code pénal de l’île. « Les autorités ont précisé que cette modification complète une loi existante qui qualifie de meurtre au premier degré le meurtre intentionnel d'une femme enceinte entraînant la mort de l'enfant à naître, quel que soit le stade de la grossesse », précise le media Zeale.

L’île de Porto Rico, située dans les Caraïbes, a pour statut politique celui d’un « état libre, mais associé aux États-Unis ». Elle fait partie des « territoires non incorporés et organisés » comme Guam (île de Micronésie dans l’ouest du Pacifique), les îles Mariannes du Nord (Pacifique Ouest) et les îles Vierges des États-Unis (Caraïbes).

Ce statut particulier lui vient de son histoire. Envahie par les États-Unis en juillet 1898 lors de la guerre hispano-américaine, elle cherche à reconquérir son indépendance dès 1937. Les Portoricains sont de nationalité américaine, ne paient pas d’impôts fédéraux, mais contribuent à la sécurité sociale. Ils n’ont pas le droit de voter pour l’élection présidentielle mais peuvent voter pour les primaires des partis démocrates et républicains. Le pouvoir législatif est assuré par le Sénat et la Chambre des Représentants et le pouvoir exécutif par le gouverneur, actuellement Jenniffer González Colón. Avocate et membre du Nouveau Parti Progressiste, elle occupe ce poste depuis le 2 janvier 2025.

La loi qu’elle vient de signer s’inscrit dans une réflexion nationale sur le statut des enfants à naître, depuis le meurtre de Keishla Rodríguez, 27 ans, enceinte, sauvagement assassinée en avril 2021 par son amant, l’ancien boxeur portoricain Félix Verdejo-Sánchez. Selon le communiqué de presse du bureau du procureur des États-Unis, district de Porto Rico, « Félix Verdejo-Sánchez a été reconnu coupable d'enlèvement ayant entraîné la mort et d'homicide volontaire d'un enfant à naître. » Après avoir fait pression sur Keishla Rodríguez pour qu’elle avorte, il a attaché sa victime à un bloc de béton, lui a injecté du fentanyl et de la xylazine et l’a jetée d’un pont fréquenté en plein jour. Il a écopé d’une double peine de perpétuité pour ce qui est considéré comme un double meurtre. La nouvelle loi permet d’affiner la loi déjà existante en approfondissant la notion de meurtre.

Le gouverneur Jenniffer González Colón a déclaré dans son communiqué du 12 février que « la législation vise à maintenir la cohérence entre les dispositions civiles et pénales en reconnaissant l'enfant à naître comme un être humain. »

Certains se réjouissent de cette reconnaissance, tandis que les pro-avortement s’inquiètent de la criminalisation de l’IVG, encore légale à Porto Rico. « On a conféré la personnalité juridique à un zygote », s’insurge Rosa Seguí Cordero, avocate et porte-parole de la Campagne nationale pour un avortement libre, sûr et accessible à Porto Rico.

L’Église catholique, malgré de vives et incessantes oppositions, n’a jamais changé son enseignement sur le respect absolu de la vie à naître. Elle a toujours défendu le caractère sacré et pleinement humain de l’être qui grandit dans le sein d’une femme. « La vie humaine doit être respectée et protégée de manière absolue depuis le moment de la conception. Dès le premier moment de son existence, l’être humain doit se voir reconnaître les droits de la personne, parmi lesquels le droit inviolable de tout être innocent à la vie. » (CEC 2270)

(Sources : zeale.co, apnews.com, justice.gov)

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