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Des chrétiens ukrainiens sous surveillance russe

Les deux prêtres en détention (crédit UGCC)

Le 25 janvier, la police russe accompagnée d’autorités militaires a mené deux raids coordonnés contre des temples baptistes de la ville de Krasnodon. Cette ville, connue en Ukrainien sous le nom de Sorokyne, fait partie des territoires qui ont été agités par des mouvements indépendantistes dès 2014. Annexée par la Russie lors de l’invasion de 2022, elle est à présent soumise à son administration.

Cette administration impose aux communautés religieuses de s’enregistrer auprès d’elle, ce que certaines refusent. Elles craignent l’immixtion d’autorités qu’elles jugent paranoïaques dans leur fonctionnement. Entre juillet et décembre 2025, au moins 7 raids des forces de sécurité russes ont interrompu des offices dans les oblasts de Donetsk et Luhansk.

Le pasteur Vladimir Rytikov, victime du raid du 25 janvier, raconte que les officiers russes ont pénétré dans son temple durant un temps d’oraison. Ils ont contraint l’assistance à se lever et ont enregistré l’identité de sept participants. Le pasteur a ensuite été amené par les policiers au commissariat. Il y a été interrogé sur son refus de s’enregistrer auprès de l’administration, conformément aux lois russes. « Ils m’ont dit que si je refusais de m’enregistrer, ils viendront interrompre chacun de nos offices », témoigne le pasteur.

Ces évènements interviennent dans un contexte de tension accrue à l’encontre des communautés religieuses dans les territoires occupés d’Ukraine. De l’autre côté de la ligne de front, le gouvernement ukrainien a encouragé la fondation d’une Église orthodoxe ukrainienne autocéphale dès 2018, afin de se défaire du Patriarcat de Moscou. Côté russe, comme par le passé, les chrétiens non orthodoxes sont souvent regardés avec méfiance.

Cet état d’esprit explique probablement la mésaventure de deux prêtres grecs-catholiques, qui ont passé deux ans dans les geôles russes. Les pères Ivan Levitsky et Bohdan Geleta, de la Congrégation du Très Saint Rédempteur, ont été arrêtés dans la ville occupée de Berdyansk le 16 novembre 2022. Ils avaient choisi de rester auprès de leur communauté gréco-catholique malgré le danger représenté par l’invasion russe, déclenchée quelques mois plus tôt, le 24 février 2022.

Pendant leur captivité, ils ont été accusés de possession illégale d’armes. Leur détention prolongée a été marquée par l’absence d’informations concrètes sur le lieu où ils se trouvaient et sur leur état de santé. Ils ont été libérés le 28 juin 2024, très amaigris.

(Sources : Christian Today, 03/02/2026 ; Aide à l’Église en Détresse,01/07/2024)

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