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Syrie : « Il est temps de tourner la page »

Cathédrale de Saint Paul à Damas, Syrie

Après les affrontements qui ont opposé l’armée syrienne et les forces kurdes aux alentours d’Alep, au début du mois de janvier, une trêve a été conclue. Dans les quartiers chrétiens, qui ont été vidés de plus de la moitié de leurs habitants depuis 2011, la vie a repris, témoigne Marielle Boutros, correspondante sur place de l’Aide à l’Église en Détresse. Elle décrit les habitants reprenant leurs habitudes, retrouvant leur travail, leurs commerces, les enfants retournant à l’école. Mais elle ajoute que chacun sait que la situation demeure précaire : « Les récents combats de rue réveillent les souvenirs de la guerre civile, des traumatismes qui ont été enfouis ».

Les forces armées du nouveau régime syrien ont imposé leur autorité par la force aux Kurdes, comme elles l’avaient fait aux Alaouites, puis aux Druzes l’an dernier. Tous les groupes qui se sont déchirés pendant la guerre civile se méfient du nouveau régime. Ils se souviennent que l’actuel président, Ahmed Al Charaa, fonda l’organisation djihadiste de triste réputation Al Nosra. Beaucoup tentent de conserver des armes, au cas où il faudrait à nouveau en faire usage. Dans ce contexte conflictuel, les chrétiens, qui ne représentent  plus que 3% de la population, sont relativement désarmés. Une fois de plus, ils espèrent que le temps des armes s’achèvera et qu’ils pourront entreprendre la reconstruction du pays, constate Marielle Boutros. « Il est temps, pour la Syrie, de tourner la page d’années de conflit. Le peuple de Syrie veut seulement vivre en paix », conclut-elle.

Marielle Boutros est libanaise, par conséquent elle connaît les blessures profondes que laisse une guerre civile. La banalisation de la violence et la présence de groupes armés aux contours flous, difficiles à contrôler et animés par l’islamisme, continue à mettre en danger la stabilité de la Syrie. Cette menace latente a été tristement illustrée par le décès d’Eliah Simon Tekla, 21 ans, assassiné le 31 janvier à Mhardeh, à l’ouest du pays. Le jeune homme avait été identifié comme chrétien en raison du chapelet qui pendait à son rétroviseur. La vidéo montrant son exécution par un groupe armé a été diffusé sur les réseaux sociaux, provoquant un mélange de peur et de colère parmi les populations chrétiennes déjà cruellement éprouvées.

Sources : Aide à l’Église en Détresse (28/1/2026) et Asianews (2/2/2026)

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