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Enlèvements massifs de chrétiens au Nigeria

© aed-france.org

Plus de 170 fidèles chrétiens ont été enlevés lors d'une attaque menée dimanche 18 janvier par des bandes armées contre deux lieux de culte dans un village isolé de l'État de Kaduna, au centre du Nigeria. Il s’agit de l’un des États les plus instables du pays, en raison de la prolifération de groupes armés djihadistes. Quelques jours après l’enlèvement, 11 prisonniers sont parvenus à s’évader. Ils témoignent de la sinistre efficacité et de la violence des assaillants.

Ces derniers sont arrivés en grand nombre, ont encerclé les temples où les fidèles assistaient à la célébration dominicale. Ils ont ensuite contraint les membres de l’assistance à sortir puis les ont emmenés dans la brousse. Parmi les otages, l’une des évadés décrit à la BBC, sous le pseudonyme de « Sarah », le calvaire qu’ils ont vécu. Cette dame de soixante ans a été frappée d’un coup de crosse à la tête puis contrainte à une marche infernale. « Ils continuaient à me harceler, même quand je leur disais que je ne pouvais plus marcher. Puis je me suis cachée jusqu’à qu’ils me dépassent et qu’ils soient hors de vue. J’étais si faible que j’ai dû ramper pour retourner au village », témoigne-t-elle.

Comme les autres rescapés, Sarah ne comprend pas l’inaction des autorités. Sa communauté chrétienne était consciente des risques qu’elle courait. Elle avait demandé à plusieurs reprises une protection des forces de sécurité. Par ailleurs, une fois que l’enlèvement a eu lieu, l’administration nigériane s’est efforcée d’étouffer l’affaire. Pendant les 48 heures qui ont suivi, les autorités officielles ont démenti les faits. L’un des témoins a même été sommé de ne pas rapporter les évènements auxquels il avait assisté, selon la BBC. « Ils nous ont dit de ne donner aucune information, ils voulaient nous intimider mais nous devons raconter notre histoire. Ils ont aussi empêché des journalistes de se rendre sur le site de l’enlèvement », raconte un jeune homme qui préfère rester anonyme.

Au cours des derniers mois, les enlèvements de prêtres ou de pasteurs, de fidèles et d'étudiants se sont multipliés. En novembre dernier, une attaque a frappé une école catholique dans l'État du Niger. Plus de 300 élèves et enseignants ont été kidnappés. Ils ont été libérés un mois après, sans qu’il soit établi qu’une rançon ait été payée. Les rapports des associations Portes Ouvertes et Aide à l’Église en Détresse s’accordent à considérer le Nigeria comme le pays au monde où les chrétiens sont les plus persécutés en raison de leur foi.

(Sources : Vatican News, 20/01/2026 ; BBC, 23/01/2026)

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