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Bolivie : l’IA, c’est bien, l’intelligence spirituelle, c’est mieux !

Agenzia Fides

Pour le Carême, Mgr. Robert Flock, évêque de San Ignacio de Velasco, ville située dans l’est amazonien de la Bolivie, a proposé à ses fidèles une réflexion sur l’usage de l’intelligence. Ce parcours original pour ce temps de Carême ouvre des perspectives intéressantes pour notre époque confrontée à l’émergence de l’IA dans bien des domaines du quotidien.

Analysant la situation des enfants et des jeunes de son pays, Mgr. Flock estime nécessaire que l’éducation insiste davantage sur une utilisation positive de l’intelligence artificielle pour mettre de côté les « idéologies et méthodologies dépassées ». L’IA peut être très bénéfique, dès lors que l’intelligence humaine - qui sait discerner – en fait un usage… intelligent !

L’évêque de San Ignacio de Velasco s’appuie aussi sur les travaux de Howard Gartner, psychologue américain. Celui-ci a voulu dépasser les critères trop étroits qu’on avait jadis de l’intelligence, en se limitant essentiellement aux aptitudes mathématiques et verbales. Gartner a énuméré en tout huit formes d’intelligence : en plus de l’intelligence « logico-mathématique » et de l’intelligence « linguistique », il considère aussi bien d’autres aptitudes au moins aussi importantes : l’intelligence « spatiale », « intra-personnelle », « inter-personnelle », « naturaliste », « corporelle-kinesthésique », « musicale ».

Mgr. Flock souligne que « naturellement, cette liste n’inclut pas l’intelligence artificielle, qui n’est pas une capacité humaine, mais un outil informatique qui commence à dominer la recherche d’informations ». Il y a donc un abus de langage dans l’expression « intelligence » artificielle, puisqu’il ne s’agit pas de véritable intelligence.

Mais la liste de Gartner (huit formes d’intelligence) reste incomplète aux yeux de l’évêque. Il manque la plus importante : l’intelligence spirituelle. En effet, l’intelligence figure bien dans la liste des sept dons du Saint Esprit. Cette intelligence spirituelle serait-elle « une simple méditation sur l'existence, y compris le sens de la vie et de la mort ? », s’interroge le prélat. « Mais ce serait [alors] une compréhension superficielle, paradoxalement dépourvue d'intelligence. » Plus profondément, « l'intelligence spirituelle est une harmonie avec Dieu », affirme-t-il. « L’intelligence spirituelle nous permet de passer d’une simple compréhension des choses à la véritable sagesse. C’est la seule qui puisse unir et harmoniser toutes les autres et garantir leur utilisation judicieuse », enseigne-t-il aux fidèles pendant ce Carême. 

L’évêque poursuit en indiquant combien Notre Seigneur possédait toutes les formes d’intelligence, celles mises en valeur par Gartner, mais aussi l’intelligence spirituelle comme en témoigne la formulation du Notre Père : « Toutes les phrases du Notre Père émanent de l’intelligence spirituelle de Jésus-Christ, de même que ses paraboles et autres enseignements, ses miracles et son abandon final. » Mgr. Flock souligne, non sans humour, qu’il ne manque au Christ que l’IA, mais « Il n’en a pas besoin ! » 

Dans son soucis pastoral, l’évêque bolivien souhaite avec ardeur que ses fidèles reçoivent en abondance cette intelligence spirituelle qu’il nous invite à demander « avec insistance » au Seigneur durant ce Carême. « Comment pouvez-vous la recevoir si vous marchez avec un cœur endurci et plein de ressentiment ? » demande-t-il. « Le conseil de Jésus est de le demander, même avec insistance : “Si donc, vous qui êtes mauvais, vous savez donner de bonnes choses à vos enfants, à combien plus forte raison votre Père qui est dans les cieux donnera-t-il le Saint-Esprit à ceux qui le lui demandent !” » « Ce n’est pas de l’opium pour les masses […]. C’est la vie en abondance. Voilà à quoi sert le Carême ! »a-t-il conclu. 

(Source : aciprensa.com)                                           

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