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Irak : « N’ayez pas peur, croyez seulement »

Le 29 mai, Sa Béatitude Paul III Nona, nouveau Patriarche des Chaldéens, sera officiellement intronisé en la cathédrale Saint-Joseph de Bagdad. Le prélat retourne dans son Irak natal après plus d’une décennie passée en Australie, où il était l'éparque de Saint-Thomas-Apôtre de Sydney des Chaldéens.

Les Chaldéens, catholiques de rite araméen, appartiennent à l’une des plus anciennes Églises. Ils résident au Moyen-Orient, en particulier en Irak, en Iran, en Syrie et en Turquie, depuis les origines de la chrétienté. Menacée par l’extrémisme islamisme, la majorité de cette communauté vit à présent en exil dans des pays occidentaux. Mar (Seigneur) Paul III Nona incarne la déchirure de cette communauté menacée sur sa terre natale. Il a été élu archevêque de l'archéparchie de Mossoul des Chaldéens, le 5 mai 2009. Lorsque l’État islamique a envahi Mossoul en 2014, il a dû quitter son archéparchie et a été nommé en Océanie. Son prédécesseur Paulos Faraj Rahho, a probablement été exécuté par des militants d’Al-Qaeda.

Il connaît donc de l’intérieur les deux parties de son Église, la diaspora et ceux qui restent, envers et contre tout, sur leurs terres natales. Comme l’ensemble de son clergé, il craint que cette séparation ne se traduisent par une déchirure. « Ma mission est de jeter un pont, en particulier pour les nouvelles générations nées à l’étranger qui sont en quête de leurs racines, de leur identité et de leur foi », confie-t-il.

Devant la crainte pour l’avenir que manifestent une grande partie des fidèles de son Église, il répond avec sa devise, tirée de l’Évangile selon saint Marc : « N’aie pas peur ! ». Et il précise que lorsque Jésus guérit la fille de Jaïre, il ne se contente pas de dire : « N’aie pas peur », mais il ajoute : « Crois seulement ». « C’est une nuance importante. Nous avons peut-être des raisons d’avoir peur, mais si nous vivons notre foi comme le Seigneur le souhaite, nous pouvons vivre avec ces peurs tout en restant forts dans notre foi », explique le patriarche.

Il conclut en rappelant que si son Église est profondément attachée à sa terre natale, cela n’implique pas qu’un Chaldéen exilé cesse d’être un chrétien. « Où que vous soyez, vous avez une mission », lance-t-il à l’intention de sa communauté dispersée. 

Sources : Aide à l’Église en Détresse (18/05/2026) et National Catholic Reporter (14/04/2026)

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