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États-Unis – Les conversions au catholicisme stabilisent la sécularisation  

Dans le diocèse de Fort Worth, au Texas, 1700 personnes ont été accueillies dans l'Église catholique durant le week-end de Pâques. Soit une augmentation de 37 % du nombre de convertis cette année. À Oklahoma City, on assiste à une augmentation de 57 %, passant de 635 convertis en 2025 à près de 1 000 en 2026. À Venice, en Floride, le chiffre explose avec une augmentation de 94 %. Dans le New jersey, le diocèse de Newark donne des chiffres détaillés les conversions de Pâques 2026 : 1700 personnes ont rejoint l’Église, soit une « augmentation de 30 % depuis 2025, de 48 % depuis 2024 et de 72 % depuis 2023. » 645 catéchumènes ont célébré soit leur baptême, soit leur confirmation, soit leur première communion lors de la veillée pascale du 4 avril dernier, ce qui représente une « augmentation de 14 % depuis 2025, de 41 % depuis 2024 et de 75 % depuis 2023 ».

En dehors des diocèses, les campus montrent également un dynamisme notoire qui favorise les conversions. « À l'université d'État du Kansas, par exemple, le centre catholique prévoyait 110 baptêmes à Pâques 2026. »

Dans l’Église, on explique ce phénomène par l’action de l’Esprit Saint, à l’instar du père Daniel Ray, curé de la paroisse Old St. Pat's (Manhattan) : « Le Saint-Esprit est absolument à 100 % responsable de tout cela ». Mais, on constate aussi une volonté des diocèses de redynamiser l’évangélisation. On assiste à un véritable renouveau spirituel américain. Dans les paroisses qui enregistrent un fort taux de conversion, les prêtres proposent régulièrement la confession, organisent des temps d’adoration, offrent de nombreux enseignements doctrinalement solides sur les questions que se posent les jeunes. Ils ont aussi à cœur de créer du lien social.

Mais cette tendance très positive pour l’Église catholique s’inscrit dans une dynamique spirituelle plus complexe, moins florissante qu’il n’y paraît. Arthur Brooks, auteur à succès, professeur à Harvard et sociologue de renom, explique que, certes, le nombre de baptêmes et de confirmations augmente, mais que les catholiques « ne peuvent pas se reposer sur leurs lauriers », car il existe toujours « des tendances allant largement dans l'autre sens en ce qui concerne la fréquentation des églises ».

Tout d’abord le nombre croissant de baptêmes d’adultes n’empêche pas une diminution de baptêmes d’enfants. Actuellement, seulement 62% des adultes américains se déclarent chrétiens, contre 78% en 2007. Il y a cependant une stabilisation depuis 2019. On assiste donc globalement à une stabilisation de la sécularisation. Dit autrement, les « nones », c’est-à-dire, les sans religion n’augmentent plus autant. Les nombre de catholiques est particulièrement stable depuis plus de 10 ans et représentent environ 20% de la population. Pourtant, selon le Pew Research Center, « 840 catholiques ont quitté l’Église l’an dernier pour 100 nouveaux convertis ». Les catholiques enregistrent en effet de fortes pertes nettes. Statistiquement, on considère une « sortie » de l’Église catholique quand une personne qui a grandi dans le catholicisme, ne se déclare plus catholique à l’âge adulte. Ainsi, actuellement, 43% des personnes élevées catholiques ne le sont plus aujourd’hui. Ces pertes brutes sont légèrement compensées par l’immigration hispanique et par les conversions mentionnées à Pâques.

Les catholiques diminuent donc en nombre absolu, mais pas en pourcentage et gardent une forte influence. D’autant que les jeunes se convertissent en nombre important et apportent avec eux une dynamique porteuse d’espérance. Affirmer n’être plus catholiques ne signifie pas une apostasie déclarée, ni une rupture doctrinale claire, ni même un arrêt d’une pratique religieuse. C’est précisément vers ces personnes que certains diocèses (par exemple, Philadelphie) se tournent  pour les ramener à l’église.

(Sources : ncregister.com, insidernj.com) 

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