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« Tous Libanais ! »

Chrétiens orientaux

La vallée de la Bekaa, à l’est du Liban, fait figure de sanctuaire pour les réfugiés à la recherche d’un endroit qui ne subisse pas de bombardement. Par le passé, les réfugiés venaient de Syrie ; à présent, ils proviennent essentiellement de ce sud-Liban frappé par l’armée israélienne qui prétend anéantir le Hezbollah chiite.

Parmi ceux qui viennent chercher refuge dans cette vallée très marquée par la présence chrétienne, des musulmans chiites frappent aux portes des maisons et même des églises. Mgr Hanna Rahme, évêque maronite, constate que malgré les tensions existantes, « l’Église les a accueillis à bras ouvert ». Cela n’avait rien d’évident, car le Hezbollah est largement considéré comme l’un des grands responsables de la situation délétère du Liban. État dans l’État, cette organisation dominée par l’Iran prétend représenter la communauté chiite libanaise.

L’évêque a résumé la position de l’Église libanaise dans le journal Ici Beyrouth : « Politiquement, les chrétiens sont très éloignés du Hezbollah. Humainement, ils sont frères des chiites. Nous sommes tous Libanais ! » Il assure que les chiites qui ont choisi de frapper à la porte des chrétiens ont trouvé « des frères ». Si bien qu’aux yeux de l’évêque, la crise terrible que traverse le Liban se mue en une opportunité de rencontre entre les communautés. 

Il rapporte en particulier l’anecdote d’une famille chiite déplacée du Sud du Liban et parvenant dans la Bekaa. Elle s’était montrée inquiète de l’accueil qui lui serait fait dans un village chrétien. Un prêtre lui a ouvert ses portes et l’a aidée à se reconstruire. Il a surpris une phrase de la fille disant à ses parents : « On dirait que les chrétiens sont gentils et qu’ils nous apprécient vraiment », comme si elle remettait en question tout ce qu’on lui avait toujours dit sur les chrétiens. En effet, rappelle l’évêque, bien que les communautés religieuses se côtoient au Liban, elles ne se fréquentent pas, voire se méfient les unes des autres. « Quand on grandit dans un univers fermé, on finit par croire n’importe quel mensonge », déplore Mgr Rahme. La survenue de nouvelles contraintes dues à la guerre porte des fruits. Elle a même favorisé certaines conversions, confie-t-il.

« J’ai 66 ans, j’appartiens à une génération qui n’a connu que la guerre. Sans Jésus, je n’aurais jamais survécu à ce que traverse le Liban. Je suis très chanceux, j’ai de l’espérance. Je ne peux pas imaginer comment des personnes peuvent vivre cela sans Jésus dans leur vie », conclut-il.

Sources : Aide à l’Église en Détresse (22/5/2026) et Ici Beyrouth (2/11/2024)

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