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Venezuela : « Je suis en vie »

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Le 24 juin dernier, deux séismes majeurs ont frappé le nord du Venezuela. Un bilan provisoire établis quatre jours après la catastrophe faisait état de plus de 1700 morts et près de 5000 blessés, mais il restait des dizaines de milliers de disparus.

L’archevêque de la capitale, Caracas, Mgr Raúl Biord, témoigne que les prêtres de son diocèse portent une charge très lourde. Ils assistent des familles qui ont dû elles-mêmes sortir leurs morts des décombres. Dans les hôpitaux, ils sont témoins de souffrances indescriptibles. L’un d’eux raconte qu’après avoir demandé à une femme comment elle allait, elle a répondu : « Je suis en vie ». Cette femme venait de se faire amputer des deux jambes et le prêtre lui avait administré le sacrement des malades. Outre les deuils omniprésents, le désespoir collectif devant l’ampleur de la catastrophe est aggravé par l’inefficacité du gouvernement.

Le père Edgar Magallanes, directeur national du Service Jésuite aux Réfugiés (JRS) au Venezuela, s’est fait le porte-parole du peuple lors d’une déclaration publique le 29 juin : « Dans certaines zones, les gens se sentent invisibles pour le gouvernement. » Sa déclaration reflète la consternation de la population sinistrée devant l’absence d’outils de chantier pour déblayer les décombres, la saturation des hôpitaux, la multiplication des coupures d’électricité... La catastrophe montre cruellement les faillites de l’actuelle administration. Peu convaincante dans sa gestion de la crise, elle est même contre-productive lorsqu’elle tente de centraliser les aides ou de restreindre l’accès aux zones sinistrées sous prétexte de sécurité, au risque de ralentir l'acheminement de l'aide que les paroisses essaient de distribuer directement.

L’Église catholique entretient des relations tendues avec le gouvernement vénézuélien. Des membres du gouvernement, dont l’ancien président Nicolas Maduro (en prison aux Etats-Unis), ont à plusieurs reprises qualifié les évêques locaux de « démons en soutane » ou de « politiciens d'opposition ». Entre 2016 et 2019, alors que le pays traversait une grave crise économique et sociale, l’armée vénézuélienne a bloqué l’aide humanitaire provenant de Caritas International. Cette fois, après ce double séisme, Caritas ne semble pas avoir été empêchée d’agir en faveur des victimes, mais elle reste l’objet d’une surveillance administrative étroite.

Sources : Aide à l’Église en Détresse (29/06/2026) et Church News (29/06/2026)

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