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En Indonésie, l’héritage de la « Mère des lépreux »

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Quatre ans après la mort de sœur Virgula Schmitt, son œuvre continue à porter des fruits. La religieuse allemande, membre des Sœurs missionnaires servantes du Saint-Esprit, était arrivée sur l’île indonésienne de Florès en 1965 et y avait fondé une léproserie l’année suivante. Son activité infatigable en faveur des malades lui a valu le surnom affectueux de « Mère des lépreux ».

Bien qu’il ne soit pas lui-même atteint de la lèpre, Agustinus Suryanto appelle volontiers la religieuse « mère ». Il est né avec un handicap sévère qui lui a valu d’être souvent montré du doigt dans sa jeunesse. Grâce au travail du centre de réhabilitation de St-Damian et à son courage personnel, l’homme de 37 ans dirige à présent un office de tourisme. Après avoir bénéficié de l’aide de ce centre, il en est à présent un donateur généreux. Comme lui, des milliers d’Indonésiens ont bénéficié des structures montées par cette religieuse. Le nombre de ces bénéficiaires paraît incalculable, mais le Gobal Sister Report avance que 3000 personnes ont été soutenues par un seul des centres fondés par la religieuse, le Binongko coastal center. La même source rapporte une multitude de réhabilitations, mettant en évidence l’extraordinaire fécondité du travail de la religieuse.

Sœur Virgula Schmitt n’avait pourtant à l’origine aucune intention de devenir une fondatrice. Elle travaillait à la clinique St-Rafael quand un patient d’un genre particulier se présenta pour être soigné dans cette institution. Il s’agissait d’un jeune lépreux, qui avait été soigné, mais dont le corps portait les terribles cicatrices causées par la maladie et qui avait besoin d’une réhabilitation. Pour lui, puis pour bien d’autres patients ensuite, la religieuse a monté son premier centre sans réaliser l’ampleur de la tâche qu’elle entreprenait. Découvrant que de nombreux malades ne pouvaient pas accéder aux institutions médicales, elle s’est mise à arpenter le pays en scooter ou même à dos de cheval, cherchant à atteindre les plus éloignés d’entre eux.

Pour expliquer les dimensions que son œuvre avait prise par la suite, elle déclarait : « Si Dieu désire quelque chose, on ne peut pas y résister. Je ne ressens ni anxiété ni peur car je crois que Dieu est avec moi ». Elle assurait que de nombreux signes l’avait confortée dans la voie qu’elle avait prise. Des guérisons qu’elle jugeait miraculeuses et des soutiens inattendus, parvenus à point nommé, lui garantissaient qu’elle avait pris le bon chemin. « Quand nous avions besoin de médicaments, de vêtements, de nourriture ou d’autres services, nous recevions toujours de l’aide », assurait-elle.

Malgré son dévouement extraordinaire et sa vie romanesque, la religieuse assurait qu’elle ne méritait pas que l’on écrive à son sujet. « Je ne suis pas une personne brillante. Je ne fais qu’obéir à Dieu », disait-elle. Elle voyait le secret de ses réussites dans l’accueil de la Providence. Elle adressait chaque matin cette prière : « Dieu, montre-moi ce que tu veux que je fasse et donne-moi la force de le faire ».

(Sources : Ucanews, 08/08/2026 ; Fides, 20/07/2022); Global Sister Report, 06/08/2026; Radio Veritas Asia, 29/06/2022)

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