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3 083 chrétiens assassinés en 8 mois au Nigeria

© CC0, pixnio

Le 8 septembre dernier, l’ONG nigériane Intersociety a publié un rapport révélant l’ampleur du massacre des chrétiens au Nigeria. En seulement 8 mois, 3 083 chrétiens ont été assassinés et 3 193 enlevés. 400 églises ont été attaquées pendant cette période.

Le diocèse de Wukari, dans l'État de Taraba, à l’est du Nigeria, a enregistré à lui seul un nombre alarmant d'atrocités : environ 239 édifices religieux ont été attaqués ou détruits entre septembre 2025 et août 2026, et près de 100 000 paroissiens ont été contraints de fuir. Plus de 200 communautés chrétiennes ont été pillées et leurs habitants déplacés. Seize prêtres catholiques ont été contraints à l'exil et les résidences de huit autres ont été détruites.

Selon ce rapport, depuis 2009, 19 800 attaques antichrétiennes ont eu lieu dans tout le pays. À l’époque de l’émergence de ces violences, elles étaient principalement attribuées au groupe terroriste ultraviolent surnommé « Boko Haram », qui sévissait dans le nord-est du pays. À présent, les attaques d’inspiration djihadiste frappent des régions jusqu’au centre, voire au sud du pays. Elles sont perpétrées par une kyrielle de groupes armés, essentiellement des Peuls (ou Fulanis) et non les Kanuri qui constituent l’essentiel des recrues de Boko Haram. 

Ces groupes n’obéissent pas à un chef bien déterminé, ce qui les rends difficile à identifier et à réprimer. Ils se livrent volontiers au banditisme, à toutes sortes d’activité criminelles, et peuvent s’affronter entre eux. Mais ils s’accordent à vouloir chasser les « mécréants », chrétiens, musulmans modérés ou animistes, des territoires où ils sévissent. Mgr Wilfred Chikpa Anagbe, y voit une « stratégie calculée d’islamisation ». L’évêque de Makurdi, rappelle que ces attaques meurtrières déclenchent des exodes dramatiques. Ces mouvements de populations provoquent des changements démographiques majeurs et transforment à terme toute la société du pays.

Il cite en exemple le diocèse voisin de celui de Mgr Anagbe, Wukari. Dans ce territoire sahélien de l’est du pays, environ 239 édifices religieux auraient été attaqués ou détruits entre septembre 2025 et août 2026. Près de 100 000 fidèles appartenant à 200 communautés chrétiennes ont été jetés sur les routes. S’ils tentent de revenir un jour, ils trouveront très probablement leurs terres occupées par des musulmans, comme cela est arrivé à de nombreuses reprises dans le nord du pays. « L’élimination totale de la population chrétienne est en cours. C’est un génocide perpétré par des jihadistes », conclut-il. 

Sources : Aleteia (14/09/2026), Intersociety (08/09/2026) et Belicatho (09/09/2026).

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