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Le succès croissant du Mouvement catholique de la terre

© CC0, pxhere

Le Mouvement catholique de la terre (Catholic Land Movement : CLM) a rassemblé environ 700 agriculteurs à Greensburg, dans l’Indiana, du 28 au 30 août dernier, pour une conférence nationale. Il y a un an et demi, ce mouvement comptait une trentaine de sections à travers les États-Unis. Actuellement, on en dénombre 80, et cinq se sont déjà créées au Canada.

Le CLM « a pour but de faciliter la réinstallation rurale des catholiques sur des terres productives dont ils sont propriétaires ». Issu des Associations catholiques pour la terre, créées en Angleterre il y a une centaine d’années, l’actuel mouvement perpétue l’ancrage, dans l’enseignement catholique, des traditions et du travail agricoles, tout en l’enrichissant des dernières réflexions, notamment l’encyclique du pape François Laudato Si, et en l’adaptant aux besoins actuels des catholiques vivant en milieu rural.

Le mouvement part du constat selon lequel « de nombreuses familles catholiques aspirent à un retour à une vie centrée sur le Christ, productive et en harmonie avec la terre ». Pour concrétiser cette aspiration profonde en pleine croissance, il s’appuie sur quatre piliers. Le premier aide à la réinstallation sur des propriétés rurales de familles catholiques. Il propose un soutien concret et efficace pour que la ferme soit effectivement productive et tende vers l’autonomie. Le deuxième pilier repose sur « la formation des laïcs catholiques aux tâches ménagères, aux compétences agricoles et aux traditions artisanales nécessaires à la réussite de la gestion des fermes catholiques ». Le troisième consiste en un réseau d’entraide entre les familles déjà installées et celles qui commencent. Outre le soutien pratique, l’entraide est aussi intellectuelle et spirituelle. Le quatrième pilier est tourné vers le Seigneur. Il propose de redécouvrir le trésor de la tradition de l’Église à travers son enracinement agraire.

Fort de la bénédiction que le Saint-Père a formulée le 18 novembre 2025, le mouvement poursuit sa progression. Léon XIV a en effet encouragé les efforts du CLM, enraciné dans l’Évangile, en matière de dignité humaine et de respect de la Création.

Le rassemblement de Greensburg, fin août, illustre l’esprit de soutien et d’enracinement dans l’Évangile de ce retour à la terre. Beaucoup de personnes vivant actuellement en ville ou en périphérie aspirent à ce retour, encore faut-il le réussir sans mettre en danger sa famille. Si le programme de Greensburg offrait de nombreux ateliers, comme le « perfectionnement sur la forge, le jardinage, la fabrication du fromage, le travail du bois, la cuisine au suif et au saindoux, l'utilisation des porcs en pâturage pour la régénération des terres, etc. », il permettait aussi de réfléchir sur la manière de réussir cette reconversion, même si elle est progressive.

De nombreux temps de prière, messes, confession ont favorisé le discernement avant de se lancer. Mais aspirer à vivre davantage selon l’esprit du CLM ne nécessite pas obligatoirement de tout abandonner brutalement. Comme en témoigne Feisal Borjas, un jeune canadien de 26 ans qui a fondé et dirige le CLM de Kitchener dans le sud-ouest de l’Ontario, de nombreux membres de sa section vivent en banlieue et n’ont pas l’espace nécessaire pour élever des animaux ou cultiver un grand potager. Mais, selon lui, ils peuvent participer à « la création d'économies catholiques parallèles ».

Les défis économiques restent nombreux pour se lancer dans une ferme autonome. Pour relever petit à petit ces difficultés, le CLM, en partenariat avec Verax Patria, a présenté lors du rassemblement de Greensburg un projet de ferme de démonstration de 140 hectares en Virginie-Occidentale. Ainsi, la « promotion de communautés rurales régénératrices et axées sur la foi » poursuit sa progression et accompagnent les porteurs de projets.

(Source : canadiancatholicnews.ca, catholiclandmovement.info)

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