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Une américaine, diplômée en théologie, à l’assaut du monde de la mode

credit : magnific.com

« Le monde de la mode est tellement bizarre que mes amies de l’école de mode acceptaient sans problème que je sois une autre forme d'excentricité », note Isabella Reilly. Cette jeune américaine, diplômée en théologie, s’est lancée dans la couture. Elle répondait à « l'appel du Seigneur à entrer dans l'industrie de la mode et à la reconquérir pour son Royaume », rapporte Julie Funkhouser sur le site du Christendom College. C’est pendant sa formation à l’ESMOD (École supérieure des arts et métiers de la mode) à Paris qu’Isabella Reilly s’est trouvée confrontée à cet univers où les références morales sont occultées, où les pratiques sexuelles sont aussi excentriques que les tenues vestimentaires qui défilent sur des mannequins blafards.

Isabella Reilly vient « d'une famille où se mêlent avec brio créativité et érudition ». Le goût pour les lettres et les sciences humaines ont conduit la jeune femme vers l’université catholique Christendom, en Virginie. Elle en sortira major de sa promotion en 2020, avec en poche une licence en philosophie et une maîtrise en théologie. Pourtant, enfant, la couture s’est invitée dans son quotidien : « Aucun de mes vêtements ne me convenait quand j'étais enfant, alors j'ai commencé sans crainte à les découdre », dit-elle. Lycéenne, elle fut subjuguée par la robe que portait l’actrice Lily James dans la scène du bal du film Cendrillon (2015) de Kenneth Branagh.

Déjà, la future couturière mettait la barre haut, comme elle le fera pour ses études théologiques. Car la robe de Lily James « est l’un des costumes les plus féériques jamais créés pour le cinéma », selon le magazine Vogue. La célèbre costumière triplement oscarisée, Sandy Powell, a conçu huit modèles de cette robe, chacun coûtant 12000 dollars. Huit couches de soie fine, jupons en yumissima (un tissu très cher), couche supérieure en crêpe de soie fine brodée de 111000 cristaux Swarovski, sans oublier les souliers de verre (ou de vair…). Isabella Reilly s’inspire donc des plus grands pour « reconquérir » ce milieu de la haute couture « pour son Royaume ».

L’évolution de la mode ces dernières décennies tend vers une vision subjective de la beauté. Le monde du mannequinat est éclaboussé par des scandales aux retombées internationales. Sans parler de l’affaire Epstein, certains mannequins dénoncent des pratiques déshumanisantes, à commencer par l’exigence d’une maigreur pouvant entraîner, entre autres troubles, une stérilité. Consciente de ces multiples dérives, Isabella Reilly cherche à revenir aux fondamentaux qui, encore au début du XXeme siècle, inspiraient la couture avec des critères plus objectifs, permettant de sublimer le corps et sa beauté naturelle. Sa formation reçue au Christendom College a offert à la jeune femme une « familiarité avec la philosophie classique de la nature humaine, la téléologie et l’esthétique, ainsi qu’avec l’architecture classique. Cela a façonné mes convictions sur les principes de la beauté, l’objectivité d’une bonne conception », explique-t-elle.

Défendre la notion de beauté et de vérité objectives fut un défi pour la jeune théologienne en exil dans la capitale de la mode. Elle ne fut pourtant en rien ostracisée : « J'ai expliqué et argumenté contre la FIV à deux camarades homosexuels qui disaient vouloir y recourir plus tard. Mes camarades me demandaient des explications sur la religion ou la morale. J'ai discuté pendant plus d'une heure avec un groupe d'amies, leur expliquant la cohérence de la morale sexuelle de l'Église. »

Sa solide formation catholique aura été une véritable bénédiction pour Isabella et ses camarades. Elle considère fermement que le design est objectivement bon ou mauvais. « En fin de compte, je ne souhaite pas forcément que les gens portent mes créations ; je souhaite que d’autres créateurs s’inspirent de mes idées », conclut-elle.

(Source : ncregister.com, vogue.fr)

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