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En Colombie, la foi bien vivante au milieu des décombres

© CC0, redfox pixnio.

Le tabernacle gît dans les décombres, le ciboire est très endommagé, les hosties sont éparpillées dans les débris. Le tremblement de terre du lundi 10 août dernier, dans l’ouest du pays, a fait près de 300 morts, 140 disparus, 27 000 logements détruits, selon France24 du 16 août. Il a également ravagé de nombreuses églises de Colombie. La chapelle Virgen del Rosario de Chiquinquirá se trouve dans la municipalité de Roldanillo (Valle del Cauca entre Bogota et le Pacifique). Le tremblement de terre n’a pas épargné cet édifice du XVIIe siècle.

Le samedi précédent la catastrophe, le père Germán Andrés Clavijo y avait célébré la messe. Il y est revenu, accompagné d’une religieuse, sœur Marcela, de la Communauté du Saint-Sacrement pour l’aider à chercher les hosties consacrées. Le père Germán ne cache pas sa tristesse : « L'Eucharistie est la vie du prêtre, c'est-à-dire la vie de l'Église, elle est au centre de nous », rappelle-t-il. La vidéo qu’il publie montre son église fissurée, en partie à ciel ouvert et les hosties sous les restes du tabernacle.

Roldanillo est l’une des villes les plus touchées : 60% de l’hôpital est structurellement atteint. Mais « ce n’est pas le moment de se lamenter », ajoute le prêtre.  « Au milieu de ces ruines, je veux aussi élever ma prière d'espoir et d'encouragement pour ceux qui ont tout perdu, en particulier ceux qui ont perdu un être cher ».

En de nombreuses localités affectées, les messes sont célébrées en plein air, sur les places publiques. À Manizales, des « psychologues catholiques ont offert un espace d'écoute, de premiers secours psychologiques et de conseils initiaux à ceux qui avaient besoin de soutien », selon le père Duberley Salazar. Des temps d’adoration sont organisés. Le père Salazar invite les fidèles à se relever autant que possible. Malgré les deuils et les pertes matérielles, se relever « signifie croire que la douleur seule n’a pas le droit d’écrire le dernier chapitre de notre histoire », affirme-t-il.

La foi reste bien vivante au milieu des décombres, ceux du séisme comme ceux causés par la violence des groupes armés. Dans le nord du pays, le diocèse d’Ocaña a célébré le 16 août le 315e anniversaire de l'apparition de la Vierge de Grâce de Torcoroma. Après une neuvaine commencée le 7 août, les festivités ont continué avec le transfert de l’image de la Vierge Marie depuis son sanctuaire à Torcoroma vers la cathédrale Santa Ana. L’évêque du lieu, Mgr. Orlando Olave Villanova, a déploré la présence de plusieurs drapeaux du groupe armé ELN dans le secteur, qualifiant cette provocation d’« acte de folie ». Malgré cette violence, le prélat insiste sur la présence de la Vierge Marie en ce lieu où elle est apparue en 1711 et d’où elle continue d’assister les fidèles éprouvés.

Le 15 août 1711, deux frères, Felipe et José, sont envoyés par leur père couper un arbre dans la forêt pour en faire un canoë. Ils en trouvent un inattendu, couvert de « magnifiques fleurs pourpres au parfum enivrant ». Abattu, l’arbre tombe dans un ravin. Avec leur père, ils le retrouvent et commencent à le creuser. Une lumière apparaît alors avec « l'image de Marie Très Sainte, la Vierge de la Conception, en demi-relief, les mains jointes sur la poitrine, le visage tourné vers le ciel, coiffée de sa couronne impériale, debout sur son croissant de lune, de la même couleur que l'arbre ». En 1716, l’évêque Antonio de Monroy Meneses ordonne la construction d’une chapelle sur le mont Torcoroma. L’image est transférée à la cathédrale d’Ocaña. En même temps, sur la montagne, apparaît « une source d'eau claire qui devint un baume miraculeux capable de guérir tous les maux du corps et de l'âme ».

(Source : aciprensa.com)

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