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Au Pakistan, une jeune chrétienne livrée à ses agresseurs

credit : magnific.com

Amber Nadeem, une chrétienne pakistanaise de 13 ans, a été renvoyée dans la famille de son agresseur, un certain Mohsin Liaquat. Le 25 juillet 2026, le tribunal de session de Faisalabad, sous la direction du juge Rana Sohail, a accordé la libération sous caution de cet homme musulman et a confié la garde de l’adolescente à la famille de l’accusé. Pour les défenseurs de la jeune fille, cette décision apparaît scandaleuse à plus d’un titre. Elle intervient malgré l’opposition du procureur public et avant la finalisation d’un examen médical précédemment ordonné, qui aurait permis de déterminer l’âge réel de la jeune fille. Le mariage des mineurs est officiellement interdit au Pakistan et il suffisait de confirmer que Amber Nadeem n’était pas majeure pour maintenir la condamnation de Mohsin Liaquat et pour libérer la jeune fille.

« Nous demandons une réaction immédiate des autorités pour rétablir le règne de la loi et rétablir la responsabilité des coupables », déclare Joseph Janssen, président de l’organisation Voice for Justice. Il déplore que toute l’affaire démontre la faillite de l’appareil législatif pakistanais. Il appelle le gouvernement à adopter une législation qui criminalise clairement les « conversions forcées ». Elles sont à la source de situations dramatiques. Ces pseudos conversions s’appuient sur une lecture religieuse radicale et bénéficient de la complicité de ceux qui devraient faire appliquer la loi. Joseph Janssen note par ailleurs qu’il a vu, lors du jugement, l’avocat de Mohsin Liaquat menacer la jeune fille de l’accuser d’apostasie si elle renonçait à l’islam, ce qui constitue un abus d’autorité morale. Tout se passe, conclut-il, comme s’il était admis au Pakistan que les lois – notamment celles qui protègent les femmes et les minorités – ne s’appliquaient plus, aussitôt que la personne à défendre était supposée s’être convertie à l’islam.

À l’image de Joseph Janssen, les défenseurs des droits humains au Pakistan réclament une réaction de toutes les instances, au Pakistan comme ailleurs, pour que Amber Nadeem puisse retourner dans sa famille. Les Nations Unies, le Parlement européen, devraient dénoncer cette situation. Elle est d’autant plus inquiétante qu’elle s’inscrit dans une tendance à remettre gravement en cause l’application du droit au Pakistan. Au mois de février 2026, la Cour constitutionnelle fédérale pakistanaise a estimé que le « mariage » d’une autre captive chrétienne nommée Maria Shabbaz était lui aussi valide, et la jeune fille de 14 ans a été remise à la famille de son ravisseur.

Ces injustices interviennent paradoxalement alors qu’une série de lois et d’amendements durcit les peines encourues pour les mariages de mineurs. La dernière remonte à mai 2025. Le Parlement pakistanais adoptait alors l’Islamabad Capital Territory Child Marriage Restraint Act. Il interdit explicitement le mariage des mineurs et fixe les peines de ceux qui facilitent ces situations jusqu’à 7 ans de prison. Une telle loi devrait rendre impossible l’enlèvement et le mariage de mineures, mais elle se heurte à l’idéologie de juges qui appliquent la charia de préférence à la loi nationale.

Joseph Janssen assure pourtant que le combat pour la justice au Pakistan peut porter des fruits. Il l’a démontré par son histoire personnelle puisque sa sœur, Shagufta Kausar et son beau-frère, Shafqat Emmanuel, ont été faussement accusés de blasphème et condamnés à mort au Pakistan. Il a mené une campagne internationale qui leur a obtenu leur acquittement et leur libération en 2021.

Sources : The Shillong Times (30/7/2026), Alliance Defending Freedom International (21/7/2026) et Asianews (30/7/2026)

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