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Les chrétiens Nigérians ne partiront pas

credit : magnific.com

Mercredi 29 juillet dernier, le père Samuel Opeyemi Oyetoro est tombé dans une embuscade tendue sur le chemin qui le menait à la paroisse Saint-Paul d'Ajaokuta, dans l'État de Kogi, au centre du pays. Les assaillants l’ont exécuté à coup de machettes et ont abandonné son corps au bord de la route.

Quatre jours après l’assassinat de ce prêtre, sept hommes armés ont pénétré dans l’église Saint-Joseph dans l’État d’Enugu, au sud-ouest du pays, durant la messe dominicale. Les assaillants ont enlevé trois personnes, dont un séminariste, un catéchiste et un paroissien. Le catéchiste est parvenu à échapper à ses ravisseurs, mais les deux autres hommes demeurent otages.

Ces évènements interviennent dans le cadre général d’une explosion de violence à l’encontre des chrétiens nigérians. L’ONU calcule que près de 3,5 millions de Nigérians ont dû fuir leur domicile.

Le père Remigius Ihyula, prêtre du diocèse de Makurdi, particulièrement touché par cette crise sécuritaire, constate la naissance de ce qu’il appelle une « culture des camps ». Quand les réfugiés sont contraints de vivre trop longtemps loin de leurs terres, qu’ils travaillent habituellement, ils peuvent adopter des stratégies de survie dangereuses. « Notamment le travail des enfants, la prostitution et les mariages précoces », déplore-t-il. Par ailleurs, le prêtre constate une augmentation de la consommation et du trafic de drogues parmi ces populations.

Au sein de l’organisation Aide à l’Église en Détresse (AED), le directeur des affaires publiques et religieuses Mark von Riedemann assure que l’expérience des chrétiens d’Irak démontre que la « culture des camps » n’a rien d’une fatalité. Pour mémoire, le 6 août 2014 l’État islamique avait contraint des milliers de familles à fuir la plaine de Ninive, berceau historique des chrétiens d’Irak. Elles ont ensuite vécu en exil pendant des années. Après la libération de Mossoul, de Qaraqosh et des autres localités de la plaine de Ninive, l’AED a promu et soutenu le programme « Retour aux racines ». Ce projet visait à reconstruire les maisons, les églises et les écoles détruites afin de permettre à ceux qui le souhaitaient de retourner sur leurs terres et de faire renaître la vie chrétienne dans la région. Près de la moitié des chrétiens de la plaine de Ninive ont retrouvé leur terre d’origine en 2026.

À l’inverse des programmes gouvernementaux nigérians, qui proposent des politiques de réinstallation dans des zones éloignées, l’AED et l’Église locale préfèrent œuvrer pour permettre aux déplacés de répondre à leur désir de retourner sur leurs terres ancestrales.

Sources : Ucanews (04/08/2026) ; Aide à l’Église en Détresse (04/08/2026)

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