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Un missionnaire américain bientôt béatifié.

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Mgr Edinson Farfán Córdova, évêque de Chiclayo, au Pérou, et successeur de Mgr. Robert Francis Prévost (devenu le pape Léon XIV), a annoncé, le 4 août dernier, l’ouverture dans son diocèse de la cause en béatification de Mgr. Juan Tomis Stack.

Juan Tomis Stack était un prêtre missionnaire américain envoyé au Pérou et en particulier à Chiclayo. Étrange similitude avec un autre missionnaire américain qui œuvra aussi à Chiclayo, dont il fut l’évêque avant de devenir évêque de Rome. Léon XIV a « cité à plusieurs reprises [Juan Tomis Stack] comme une source d'inspiration majeure pour sa propre vocation missionnaire » relève Diego López Marina, journaliste pour EWTN news. Le Saint Père se rendra du 11 au 17 novembre prochains au Pérou, notamment dans son ancien diocèse de Chiclayo, dans le cadre d’un long voyage apostolique en Amérique latine qui comprendra également des étapes en Uruguay et en Argentine.

Juan Tomis Stack naquit en 1925 à Bridgeport dans le Connecticut, aux États-Unis, de parents immigrés slovaques. Il fut ordonné prêtre en 1950 à Bridgeport. En 1963, il fut envoyé par son évêque, Mgr. Walter William Curtis, à la mission de Santa Cruz, en Cajamarca, au Pérou. En 1967, il arriva à Chiclayo où il fonda la paroisse Saint-Jean-Marie-Vianney. C’est en hommage à cette fondation que Mgr. Edinson Farfán Córdova fit l’annonce de l’ouverture du procès le 4 août, fête du curé d’Ars, le patron de tous les curés. Le dévouement du prêtre missionnaire en faveur des populations reculées péruviennes fut tel que saint Jean-Paul II lui conféra le titre de Monseigneur en 1979. Il mourut le 29 juin 1986, à 60 ans.

Pour retracer son histoire et mettre en lumière son amour inconditionnel pour ce que Juan Tomis Stack appelait sa « famille de Dieu », c’est-à-dire ses fidèles péruviens, un livre  écrit par Monseigneur Stephen M. DiGiovanni a paru d’abord en anglais, puis traduit en espagnol par le journaliste et chercheur Larcery Díaz. Il raconte combien la mission a rencontré de difficultés, notamment dans la région de Santa Cruz. Sans eau potable, ni électricité, la région ne connaissait que quelques routes impraticables, beaucoup d’enfants mourraient de malnutrition. Pourtant les populations demeuraient très réticentes aux changements pastoraux et sociaux. Mgr Stack s’attela alors à la construction de routes, d’une clinique pour soigner les plus nécessiteux, il récupéra des biens de l’Église accaparés illégalement et encouragea les vocations sacerdotales.

A l’arrivée des missionnaires à Chiclayo, la paroisse Saint-Jean-Marie-Vianney avait été fondée. Mais le père Juan Tomis Stack « ne voulait pas seulement une institution, mais une "famille paroissiale". Ses outils étaient la charité active et la bonté humaine », commente le journaliste Díaz. « L’œuvre du père Juan a transformé Chiclayo. C’est indéniable », ajoute-t-il. Le prêtre multipliait les initiatives, comme celle du « club des mères » pour visiter des femmes vivant dans des maisons de carton. Voyant beaucoup d’enfants non surveillés parce que leurs mères partaient travailler, il créa la garderie Santa Ana. Il lança aussi de nombreux groupes de jeunes, dont des scouts et un autre mouvement, au nom savoureux : « Jeunesse Chrétienne Agitée » pour canaliser l’énergie débordante des adolescents… On notera aussi un programme de « vacances utiles » offrant aux enfants en difficulté scolaire des cours gratuits, des messes télévisées, un festival de chant religieux qui dura près de 20 ans, et des aides juridiques.

À la mort du père Stack, les rues de Chiclayo furent envahies par une foule de 20 000 personnes. « L’élan de solidarité de toute la communauté a été spontané », se souvient Díaz. Le père Juan Tomis Stack « semait l’amour parce qu’il aimait l’amour, la marque distinctive du christianisme ». Aujourd’hui encore, Chiclayo rayonne de son héritage.

(Source : Ewtnnews.com, Vaticannews, 05/08/2026)

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