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Léon XIV en France : un événement spirituel majeur

Le pape Léon XIV lors de la veillée avec les jeune à Paris, le 25/09/2026 / © DR

L’affluence spectaculaire lors de la visite apostolique du pape Léon XIV en France témoigne d’un engouement exceptionnel. Cet enthousiasme collectif révèle une soif spirituelle intense. Mais « l’essentiel est invisible pour les yeux » comme le dit le renard au Petit Prince, dans le conte d’Antoine de Saint-Exupéry. Une fois l’effervescence retombée, il restera de ces quatre jours, à Paris, Lourdes et Metz, ce que les paroles et les gestes du Pape auront semé dans les cœurs.

C’est ce que confiait, trois jours avant l’arrivée de Léon XIV, le cardinal Jean-Marc Aveline, président de la Conférence des évêques de France (CEF), au journal La Croix : « L’essentiel, à mes yeux, est notre disponibilité intérieure : ce que nous recevrons durant cette visite ne pourra porter du fruit que sur un sol un peu préparé. Nous en verrons quelques fruits immédiats mais les plus importants grandiront dans le temps parce que nous aurons été attentifs à une parole, un geste, un moment, un chant, une rencontre. Il n’y aura pas seulement la parole du Pape, mais aussi tout ce que cet événement nous donnera à vivre. C’est une grâce pour notre pays, pour notre Église. À nous de l’accueillir en nous demandant : qu’est-ce que le Seigneur souffle à l’oreille du Pape pour nous ? »

Dans la suite de l’entretien, interrogé sur le regain de la foi en France que semble indiquer le nombre de baptêmes d’adultes, le cardinal Aveline rappelle que le pape Léon XIV, dans son encyclique Magnifica humanitas, parle de « la crise spirituelle et culturelle » que traverse tout l’Occident et en premier lieu, la France « fille aînée de l’Église ». S’il ne minimise en rien cette crise, le cardinal souligne que « le plus grand élan missionnaire en France est né après la Révolution française, dont les conséquences ont constitué l’humus d’innombrables vocations missionnaires. De même, de nombreuses intuitions théologiques du XXe siècle sont nées en France après 1905 ». Autrement dit, à ces périodes de notre histoire où se sont déchaînées les persécutions antichrétiennes, ont succédé des regains de ferveur particulièrement féconds.

Après avoir indiqué que le Pape arrivait en France « avec un bagage précieux : la doctrine sociale de l’Église », centrée sur « la dignité de la personne humaine et l’unité de la famille humaine », le cardinal évoque comme fruit prévisible du message pontifical « la possibilité d’un véritable dialogue. C’est-à-dire notre capacité à échanger en confrontant des opinions différentes, à les écouter, à cultiver la nuance, sans basculer immédiatement dans une polarisation et une logique d’exclusion. Si la confrontation des idées est vécue dans le respect d’un dialogue constructif, elle peut permettre à chacun une croissance. Le Pape le dit pour les relations entre les personnes mais aussi entre les États ».

En écho à ces paroles du cardinal Aveline, citons celles d’un autre proche de Léon XIV, le cardinal François Bustillo, évêque d’Ajaccio. Dans un entretien au Figaro, il déclare : « Je crois que la France navigue entre l’absence de Dieu et la soif de Dieu. Depuis 1968, on a proclamé : “Ni Dieu ni maître, chacun fait ce qu’il veut.” Soit. Mais il est légitime de se demander si le monde s’en porte mieux depuis. Nous avons relégué Dieu à la périphérie, et nous n’en sommes pourtant pas sortis meilleurs : il suffit de regarder la violence, l’instabilité et la peur qui traversent notre société. » Pourtant, ajoute-t-il, « le Pape se dit que l’Europe, la vieille Europe, n’est pas morte (…) Jean-Paul II a réveillé l’Est, Léon XIV pourrait réveiller l’Ouest ».

(Sources : La Croix ; Le Figaro, 22/09/2026)

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