Actualité en bref 

« Une grande période d’annonce de l’Évangile »

Les pèlerins d'Emmaüs en chemin, de James Tissot / © public domain

« Venite ad Me » (« Venez à moi ») : tel est le titre d’un document publié par le dicastère pour la Doctrine de la Foi, le 22 octobre. Il fait référence à la phrase de Jésus dans l’évangile selon saint Matthieu : « Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau, et moi, je vous procurerai le repos ». Le sous-titre définit sa nature et son objectif : « considérations sur la transmission de la foi à l’aube d’une nouvelle ère. » Face à ce « changement d’époque », l’Église doit prendre « un nouveau départ en s’engageant dans une grande période d’annonce de l’Évangile », notamment dans la perspective du jubilé de 2033, où l’Église célébrera les 2 000 ans de la mort et de la résurrection du Christ.

Il s’agit de « considérations » et non d’une « note doctrinale » souligne le document. En effet, « le texte examine une pluralité de points de vue, sans toutefois prétendre clore la question qui demeure ouverte à des analyses et à des approfondissements ultérieurs. » Néanmoins, approuvé par Léon XIV et signé par le cardinal Víctor Manuel Fernández, préfet du dicastère pour la Doctrine de la Foi, ce texte se réfère constamment au magistère de l’Église, celui des papes ou du Concile Vatican II. L’objectif de ce travail, auquel ont contribué une trentaine de conférences épiscopales et qui est nourri de nombreux témoignages, est donc de suggérer des « pistes concrètes pour l’annonce du kérygme à l’aube de la nouvelle ère que nous traversons », « une crise de la modernité » marquée par « l’exaltation du moi ».

 Il s’agit pour tout fidèle d’« annoncer l’amour de Dieu pour tous », cet amour qui se transmet d’abord au sein de « la famille [qui] constitue le premier et le plus essentiel lieu de transmission de la foi ». Toutefois, relève le document, « la transmission de l’expérience de la foi chrétienne aux nouvelles générations ne se fait plus de manière, pour ainsi dire, “automatique” ». Quand celle-ci fait défaut, « la transmission de la foi exige aujourd’hui tout particulièrement l’évangélisation des adultes et le dépassement d’une action pastorale centrée uniquement sur la catéchèse des enfants et des adolescents ». 

Comment ? En témoignant de son expérience personnelle de la rencontre avec le Christ, afin de mettre au centre du message l’annonce fondamentale, le kérygme (du grec kêrugma, « proclamation ») : « Jésus-Christ t’aime, il a donné sa vie pour te sauver, et maintenant il est vivant à tes côtés chaque jour pour t’éclairer, pour te fortifier, pour te libérer » (Exhortation apostolique Evangelii gaudium du pape François). L’annonce du kérygme « devra donc être capable de présenter la bonne nouvelle de l’amour et de la miséricorde de Dieu, de telle sorte que ceux qui la reçoivent puissent véritablement comprendre que cet amour et cette miséricorde s’adressent précisément à eux ».

 Alors que dans certaines régions du monde, la transmission de la foi « s’est pratiquement interrompue », c’est le signal d’« un nouveau départ », une mobilisation pour une évangélisation tous azimuts, un « appel lancé aux fidèles pour qu’ils reviennent au cœur du patrimoine de la foi chrétienne : le kérygme. » Mais cette annonce fondamentale ne suffit pas. Alors qu’on assiste dans certains pays très sécularisés à de nombreuses conversions conduisant à des baptêmes d’adultes, il faut parallèlement « redécouvrir l’importance de la communauté dans l’accueil et l’accompagnement des nouveaux fidèles ». Si les néophytes en sont privés, « peu de temps après avoir reçu le baptême, ils retombent dans un état d’indifférence pratique ». En conséquence, « il apparaît particulièrement urgent, surtout dans les pays de vieille évangélisation, d’insister sur l’importance de promouvoir, au sein de chaque communauté ecclésiale, des groupes d’écoute, de méditation, de partage et de prière autour de la Parole, auxquels seront consacrés des moments spécifiques et fixes, qui s’ajoutent à la célébration de l’Eucharistie dominicale. » A ce propos, le document souligne que, « si le cœur de l’annonce chrétienne est la rencontre avec l’amour salvifique de Dieu dans le Christ, la liturgie constitue le lieu privilégié où ce mystère est célébré et communiqué de manière sacramentelle ».

Avec le kérygme, l’accueil et la liturgie, le document souligne l’importance de l’exemplarité de la vie des croyants, qui « s’articule autour de trois dimensions fondamentales : le témoignage de la sainteté, celui de la proximité et celui de l’option préférentielle pour les pauvres ».

(Sources : Vatican News, 22/10/2026 ; La Croix, 23/10/2026 )

Retour à l'accueil