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En Jordanie, 9 chrétiens assassinés et 30 blessés lors de funérailles

Drapeau de la Jordanie / © www.publicdomainpictures.net

L’attaque a eu lieu le vendredi 23 octobre dans l'église orthodoxe grecque Saint-Georges de Hammoud à Karak, dans le sud de la Jordanie. Environ 250 chrétiens étaient assemblés à l’intérieur et aux abords de l’église pour des funérailles, lorsqu’un groupe d’hommes armés a fait irruption et a ouvert le feu sur les fidèles. Ils ont mitraillé la foule, qui se pressait à l’extérieur de l’église et ont tiré par les fenêtres à l’intérieur de l’édifice. Après s’être acharnés sur des chrétiens déjà blessés et au sol, ils ont pris la fuite à bord d’un véhicule, laissant derrière eux neuf morts et une trentaine de blessé.

Les forces de sécurités jordaniennes sont intervenues immédiatement, prenant en chasse les individus. Au terme d’une nouvelle fusillade, elles auraient arrêté trois tireurs. Si le mode opératoire et la cible de l’attaque laisse supposer qu’ils appartiennent à un groupe islamiste terroriste, de type Daesh ou Al Qaeda, aucun organisme n’a pour le moment revendiqué cette attaque.

Selon la presse jordanienne, elle viserait à déstabiliser une zone connue pour la cohabitation pacifique entre chrétiens et musulmans. Le village d’Hammoud se caractérise en effet par un tissu social tribal partagé entre les deux communautés, reposant sur des traditions coutumières communes. L’entraide agricole et le partage de moments festifs tisse des liens ancestraux entre les membres du village, quelle que soit leur religion.

Le père Rif’at Bader, prêtre catholique jordanien, décrit le choc provoqué par cette attaque en rappelant qu’elle s’est produite dans un pays habitué à l’harmonie religieuse. Alors que les pays à l’entour, Israël, Liban et Syrie sont marqués par des violences interreligieuses, la Jordanie fait en effet figure de havre de paix dans une région troublée. Par ailleurs, rappelle le prêtre, l’attaque a eu lieu dans une église, « un lieu sacré, une maison de Dieu, un lieu d’accueil qui devrait toujours être respecté et protégé », s’indigne le prêtre. Alors que les personnes étaient plongées dans le deuil, « une tragédie encore plus grande a été ajoutée à une autre », dénonce-t-il. Il avertit que : « Le pardon chrétien ne signifie pas renoncer à nos droits ni faire de compromis avec la justice.»

Le roi de Jordanie Abdallah II a condamné ces attaques, assurant qu’il s’agissait d’une tentative pour diviser les Jordaniens et que cette tentative échouerait. Il s’est rendu au chevet des blessés. L’un d’entre eux lui a confié, devant les caméras de la télévision publique jordanienne Al-Mamlaka : « Ce pays est le nôtre, nous ne l'abandonnerons jamais ».

Dans une vidéo diffusée par l’Église orthodoxe, l’un des survivants a expliqué que les secours étaient arrivés sur les lieux environ dix minutes après avoir été appelés et que des voisins, chrétiens comme musulmans, s’étaient précipités pour aider les victimes. Dimanche 25 octobre, des milliers de jordaniens, chrétiens et musulmans mêlés, se sont rendus à l’église Saint-Georges de Hammoud pour participer aux funérailles des victimes de l’attaque terroriste.

(Sources : Aide à l’Église en Détresse 23/10/2026 ; Vatican News 24/10/2026 ; Arab News 26/10/2026)

 

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