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L’Église mexicaine soutient le travail des femmes mères de famille

Projet de poulailler d’une femme entrepreneuse soutenue par Caritas Mexicana. | Crédit : Caritas Mexicana

Face à la précarité de certaines familles, l’Église catholique, par l’intermédiaire de Caritas, accompagne des projets économiques menés par des femmes. Et l’Église ne se contente pas d’une aide matérielle et financière, elle accompagne le porteur de projet sur le plan psychologique et spirituel. Dans l’État de Guerrero, Israel Santiago Pablo a connu une période de chômage et d’instabilité de revenus qui mettait en difficulté son épouse et leurs deux enfants. Sa femme Annel Juanchi Martínez a rejoint le programme d’aide de Caritas et, en famille, ils ont démarré une petite entreprise de production et de vente de légumes ainsi que d’œufs de poules et de caille. Même les enfants participent aux plantations et aux récoltes. Annel consacre beaucoup de temps aux tâches administratives, à la gestion financière et à la vente, essentiellement avec des livraisons à domicile.

Annel reconnaît que cette aide de l’Église a constitué « une bouée de sauvetage pour [l]'empêcher de [se] noyer, car [son] mari était lui aussi désespéré à cause de la situation économique difficile. » Le programme lui a fournit une aide financière pour démarrer son projet et une formation administrative. Des ateliers réguliers permettent un suivi dans le temps et ne s’arrêtent pas aux seuls aspects techniques. « On y apprend des stratégies pour aller de l'avant, pour ne pas sombrer dans la dépression », confie Annel. Les personnes bénéficiaires de ce programme gagnent en autonomie et devienne de « meilleures personnes ».

La formation continue a permis à la famille d’Annel de se perfectionner en technique d’écologie intégrale avec notamment la production d’engrais naturels, ce qui a amélioré la qualité de leurs produits. Le soutien psychologique permet de gagner confiance en soi et de reprendre sa vie en main. Par ailleurs, le mari Israel Santiago Pablo a retrouvé un emploi stable, mais Annel a continué à développer son entreprise non seulement pour les compléments de revenus, mais aussi pour l’espace de travail partagé qu’elle offre.

Les fruits de cette initiative sont également spirituels. Annel témoigne combien elle a évolué. Au cœur de la crise matérielle, elle pensait que Dieu l’avait abandonnée. Aujourd’hui, sa foi s’est renforcée et ils se sont rapprochés de l’Église. La confiance en Dieu a grandi et le programme fut une « source d'épanouissement, la conviction que vous pouvez y arriver ». « Il vous suffit d'avoir les bases nécessaires pour aller de l'avant », ajoute-t-elle.

Le projet de Caritas n’en est qu’à ses débuts dans la région. Mais il s’étend peu à peu dans d’autres états que Guerrero, comme celui de Mexico et de Zacatecas. À l’origine, il y a quatre ans, ce projet visait à rejoindre des femmes qui « se trouvent dans des situations de grande vulnérabilité, notamment de violence et d'extrême précarité », explique Eduardo Hori, responsable du service de pastorale du travail à la Commission épiscopale pour la pastorale sociale (CEPS). Des équipes aident les participants à analyser la viabilité de leur projet. Le suivi psycho-émotionnel et spirituel leur permet d’avancer vers la concrétisation. Certaines femmes se lancent dans des projets perçus comme audacieux, comme la réparation de téléphones ou d’ordinateurs. Beaucoup ont des micro-entreprises de vente de bonbons, de produits d'épicerie, ou de couture. Si le soutien n’était que matériel et financier, seule une personne sur mille aboutirait, confie Eduardo Hori.

Le défi de l’Église, ajoute-t-il, consiste à redonner espoir à ces femmes qui, malgré une grande foi, sont souvent blessées émotionnellement, en deuil ou en colère, sans plus d’estime d’elles-mêmes. Or, avant de se lancer dans un projet d’entreprise, le temps est souvent long pour soigner ces blessures. L’objectif est de « marcher ensemble dans l'espoir et d'être des artisans de paix », conclut-il.
(Sources : aciprensa.com)

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