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Chine : la répression contre les catholiques s’intensifie

La répression contre les communautés catholiques par le pouvoir communiste s’intensifie depuis
l’accord de 2018 avec le Saint-Siège sur la nomination des évêques. La pression sur les communautés
catholiques, avec notamment l’interdiction des mineurs dans les églises, « contrevient ou viole les normes
et le droit international des droits de l’homme
» dénonce l’ONG non confessionnelle Human Rights
Watch dans un rapport publié le 17 avril.
Ce document synthétise les rapports publiés par l’agence AsiaNews au cours de la dernière décennie. Il
montre que Xi Jinping impose au nom de la « sinisation » un contrôle croissant des catholiques par une
série de réglementations de plus en plus strictes. Selon Human Rights Watch, les autorités de Pékin
instrumentalisent l’accord avec le Saint-Siège pour oppresser les communautés clandestines qui refusent
toujours de s’enregistrer officiellement et d’adhérer à l’Association patriotique ou à d’autres organismes
contrôlés par le Parti communiste chinois.

Les témoignages de persécutions font état d’églises démolies, de chasses aux croix sur les bâtiments, de
traques et d’arrestations de prêtres et d’évêques clandestins - c’est-à-dire ayant refusé de signer la « charte
» d’allégeance au Parti par fidélité au Saint-Siège. Leur situation rappelle celle du clergé « réfractaire »
sous la Révolution française.
Un catholique chinois ayant fui la République populaire témoigne de ce qui s’est passé dans sa
communauté quand elle a été contrainte de rejoindre l’Église officielle dite « patriotique » :
« Notre Église a été plongée dans la panique ; certains prêtres ont été forcés de partir (...). Nous avons
commencé à prier en secret, comme des voleurs ; les rassemblements pour célébrer les grandes fêtes ont
disparu. Les horaires des messes (...) ont été déplacés à des heures impossibles (...). Les autorités ont
également interdit nos chants choraux et scellé les vitraux de l’église afin que les prières ne soient pas
visibles de l’extérieur. Les enfants qui grandissent aujourd’hui n’ont aucun souvenir des prières ou des
cérémonies à l’église. Les locaux sont soumis à une réglementation stricte et nous ne pouvons pas amener
d’enfants car les évêques et les prêtres sont terrifiés par le gouvernement. À un moment donné, avant de
fuir la Chine en 2023, j’ai cessé d’aller à l’église pour échapper à la surveillance gouvernementale.
»
Les enfants et les jeunes mineurs sont empêchés de participer à certaines liturgies et activités paroissiales,
confirme Human Rights Watch : « Les autorités ont progressivement restreint l’accès des enfants aux
églises catholiques à travers le pays, notamment après la promulgation du règlement sur les affaires
religieuses révisé en 2018, qui interdit les activités religieuses dans les écoles publiques et limite la
création d’écoles religieuses aux organisations nationales ou provinciales soumises à l’approbation de
l’État.
» Exemple de rétorsion : une église de Xuchang, dans la province du Henan, a été fermée en
décembre dernier pour « violation de la réglementation en vigueur, l’église ayant autorisé des mineurs à y
entrer pour jouer de la musique
». Un document interne de septembre 2025, attribué au Groupe dirigeant
du Front uni central, stipule que les parents « ne doivent pas organiser d’enseignement religieux à
domicile pour inculquer des idées religieuses à leurs enfants
». Dans les écoles, ce document incite les
élèves à signaler des cas d’instruction religieuse aux autorités compétentes. L’objectif est de « rompre les
liens intergénérationnels au sein de la communauté catholique
» juge un universitaire chinois.
Human Rights Watch dénonce la violation par la Chine de l’article 18 de la Déclaration universelle des
droits de l’homme qui garantit la liberté de conscience et de religion. L’ONG ajoute que la Chine viole
aussi les articles 28 et 29 de la Convention relative aux droits de l’enfant et l’article 13 du Pacte
international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels. Ces documents, signés par Pékin,
protègent le droit à l’éducation et la liberté d’enseigner. Conséquence de ces persécutions : près de la
moitié des 10 à 12 millions de catholiques chinois auraient célébré Pâques dans des « églises de maison »,
appartements privés ou locaux loués discrètement.
Sources : Zenit, 23/04/2026 ; Le Figaro, 01/05/2026)

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