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La France au fil des prophéties

C’est un fait : Dieu parle à la France. Pourquoi ? Parce qu’il l’aime, tout simplement. Comme nous allons le voir, il lui parle bien davantage qu’aux autres nations. L’histoire est jalonnée de ses interventions.

Au Moyen Âge, de puissants personnages transmettent déjà les paroles de Dieu. Trois siècles avant les faits, saint Remi, évêque de Reims, prophétise le règne de Charlemagne qui, effectivement, sera couronné empereur en l’an 800 : « Un descendant des rois francs régnera sur tout l’empire romain. Il sera le plus grand des rois de France et le dernier de sa race. » Saint Césaire d’Arles décrit les affres attendant les Français qui refuseraient l’appel de Dieu : « Ces provinces seront secourues par un prince […] qui recouvrera la couronne du lis. »

Les invasions barbares puis celle des Vikings ravagent une partie de la France. Des prophéties sont recueillies entre le VIIe et le Xe siècle, toutes porteuses d’un message d’espérance, malgré la dureté des temps : Dieu a promis qu’il n’abandonnerait pas la France. Le pape Paul Ier (+ 767) écrit : « Vos noms et ceux de vos rois sont écrits dans le Ciel. »

En 1095, Urbain II, prêchant la première croisade, s’exclame : « Le royaume de France est le Royaume de Marie. Il ne périra jamais ! » L’un de ses successeurs, Grégoire IX (+ 1241), lie la France à l’Ancien Testament : « Le royaume de France est au-dessus de tous les autres peuples [...]. La tribu de Juda était la figure anticipée du royaume de France. »

Les prophéties proclament l’attachement de Jésus et de Marie à la France : « Tous ceux qui guerroient au saint royaume de France guerroient contre le Roi Jésus […]. Le roi de France est le lieutenant du Roi des Cieux », affirme sainte Jeanne d’Arc le 15 mars 1431.

Avertissements et promesses

Rien n’entamera cette union céleste. En 1602, saint François de Sales dit : « Plusieurs estiment que ce sera un de vos roys, ô France, qui donnera le dernier coup de la ruine à la secte de ce grand imposteur Mahomet. » 

En 1637, le frère Fiacre de Sainte-Marguerite prie la Vierge d’intercéder auprès de son Fils, afin que Louis XIII, alors sans descendance, ait un garçon. « Je suis la Mère de Dieu. Ce n’est pas mon Fils, c’est l’enfant que Dieu veut donner à la France », lui dit-elle. Louis « Dieudonné », futur Louis XIV, naît le 5 septembre 1638. 

Peu après, sainte Marguerite-Marie Alacoque entend Jésus : « Fais savoir au fils aîné de mon Sacré Cœur [qu’]il obtiendra sa naissance de grâce et de gloire éternelle par la consécration qu’il fera de lui-même à mon Cœur adorable. » 

En 1718, Jésus révèle à la bienheureuse Anne-Madeleine Rémusat que la peste va sévir à Marseille. À sa demande, Mgr de Belsunce, évêque diocésain, consacre la ville au Sacré Cœur. L’épidémie cesse aussitôt.

La vocation spirituelle de la France

Dieu conduit la France à travers les aléas de l’histoire. Jésus alerte Édith Royer (+ 1924), belle-mère du philosophe Maurice Blondel : « J’ai […] connu les malheurs qui menaçaient la France, la série des défaites, des investissements, des sièges, la captivité de l’empereur... » En 1931, Jésus prévient Marthe Robin : « Je réserve au monde entier, et particulièrement en France, des trésors de lumières, des déluges de grâces… » Puis, en 1936 : « La France tombera bas […]. C’est la Sainte Vierge qui viendra la sauver. » 

Ces prophéties sont toutes placées sous le signe de l’espérance. Symphrose Chopin annonce à Henri d’Orléans, prétendant au trône : « Jamais vous ne régnerez, ni aucun de vos descendants. » En février 2020, le père Jozo Zovko, de Medjugorje, retient une locution de Marie : « La France […] est, par son baptême, responsable pour le monde entier de la foi. » 

Les papes actuels sont eux aussi porteurs de prophéties, comme le furent leurs prédécesseurs au Moyen Âge. Ainsi Léon XIII : « Une nation qui a Montmartre et Lourdes ne peut périr. » Saint Pie X : « Le peuple qui a fait alliance avec Dieu aux fonts baptismaux de Reims se repentira et retournera à sa première vocation. » 

Les textes cités ci-dessus forment un échantillon, représentatif mais limité, des prophéties sur la France. En établir une recension complète serait un travail de « bénédictins ».

Patrick Sbalchiero

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