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Les persécuteurs des chrétiens nigérians se déchaînent

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Cinq personnes suspectées d’avoir participé à un enlèvement massif d’écoliers chrétiens ont été arrêtées par les autorités nigérianes. Selon les informations diffusées dans la presse par le Service de la Sécurité d’État du Nigeria (DSS), elles auraient fourni un appui logistique et des armes au groupe responsable de l’enlèvement.

Pour rappel, le 21 novembre 2025, 315 personnes étaient enlevées à l’école St. Mary’s de Papiri dans l’État de Niger, au centre-nord du Nigeria. Une partie des victimes a réussi à s’évader, les autres ont été libérées un mois après. Malgré son heureux dénouement, cette affaire a douloureusement marqué la société nigériane. Toutes les écoles de l’État ont été temporairement fermées et les condamnations internationales se sont multipliées. L’annonce de l’arrestation de 5 participants permet à l’État nigérian de démontrer qu’il lutte contre l’insécurité qui gangrène le pays.

Mgr Bulus Yohanna, évêque de Kontagora, se réjouit de ces arrestations : « Pendant longtemps, nous avons craint que la question de traduire les responsables en justice tombe dans l’oubli », reconnaît-il. Il espère à présent que les responsables qui ont été arrêtés seront convenablement jugés et qu’ils recevront un châtiment approprié, au terme d’un procès « conduit de manière publique et transparent ». 

Le profil des cinq suspects arrêtés confirme qu’il existe une porosité entre les factions djihadistes et les réseaux de bandits armés. Deux d’entre eux sont des ressortissants étrangers, l’un Yusuf Mohammed figurait déjà sur la liste des terroristes activement recherchés par l'État nigérian en tant que membre de la faction historique de Boko Haram (Jama'at Ahl as-Sunnah lid-Da'wah wa'l-Jihad). Leurs motivations mêlent les revendications politiques, le djihadisme et le banditisme.

Dans une étude publiée le 29 mai dernier, l’ organisation évangélique Observatory for Religious Freedom in Africa constate que les terroristes s’en prennent à toutes sortes de populations, mais frappent prioritairement les chrétiens et ciblent leurs lieux de culte. Les slogans islamistes des terroristes démontrent leur motivation confessionnelle. Le ciblage des prêtres, des catéchistes et des pasteurs confirme l’hostilité de ces groupes armés à l’encontre des chefs religieux chrétiens. Dans un mémorandum remis le 20 mai à Nazila Ghanea, rapporteure spéciale des Nations unies sur la liberté de religion et de conviction, les ONG internationales Alliance Against Genocide et Genocide Watch dénoncent un «génocide» des chrétiens et des musulmans modérés au Nigeria, et accusent les autorités de minimiser ces crimes. Selon ce mémorandum, les groupes djihadistes Boko Haram et l’État islamique en Afrique de l’Ouest ont tué plus de 30 000 chrétiens et musulmans pacifiques depuis 2009, et les milices djihadistes peules auraient tué 30 000 autres chrétiens et incendié leurs villages. Ces attaques ont provoqué le  déplacement de 2,2 millions de personnes, toujours selon ces organisations.

(Sources : Aide à l’Église en Détresse, 04/06/2026 et 12/12/2025 ; Observatory for Religious Freedom in Africa, 29/05/2026 ; Evangéliques info, 04/06/2026)  

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