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Les évêques du Venezuela aux sinistrés : « Vous n'êtes pas seuls »

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Au Venezuela, le bilan officiel du double séisme du 24 juin s’élève à 4500 victimes. Le gouvernement ne communique pas sur le nombre de disparus, qui est estimé à plusieurs dizaines de milliers de personnes. La persistance d’une telle incertitude donne une idée de l’incapacité de l’administration à faire face à la catastrophe à laquelle elle est confrontée.

Dans certaines villes populaires, comme La Guaira où un tiers des bâtiments se sont effondrés, la population locale éprouve le sentiment d’avoir été abandonnée. Le soir même du séisme, la Conférence des évêques s’est adressée aux sinistrés pour  leur assurer : « Vous n'êtes pas seuls, il y a un peuple et une Église qui marchent à vos côtés ». Alors que les relations entre le gouvernement d’inspiration socialiste et l’Église n’ont pas été bonne par le passé, cet antagonisme a été mis de côté pour la gestion de cette catastrophe. Contrairement à d'autres crises passées, où le gouvernement vénézuélien s'était montré très restrictif vis-à-vis de l'aide internationale, Cáritas Venezuela dispose de l'autorisation d'accepter des fonds directement de l'étranger. Mais selon les acteurs locaux, le premier soutien qui parvient aux personnes ne relève pas du matériel, mais de l’assistance personnelle, voire spirituelle.

Ainsi, le père Daniel Acosta témoigne du soutien qui est apporté à ces paroissiens de Tarmas, ville ravagée par le séisme. Lui-même a perdu de nombreux amis et partage les deuils qui touchent presque chaque famille. « Le matin, nous nous remplissons de Sa force, de l’Esprit de Dieu, pour mieux servir nos communautés. Mais la nuit, le cœur se serre, et puisque nous ne sommes que des humains, les larmes coulent », confie-t-il.

Le tremblement de terre a été l’occasion d’un réveil spirituel, témoigne un autre prêtre, le père Laudence Betancourt. Il a été contraint d’ouvrir les portes d’une église en construction dans la paroisse de Notre-Dame de la Candelaria, à Caraballeda. Elle n’a encore ni mur ni plafond, mais il y a à présent cinq fois plus de fidèles qu’en temps normal. L’église est désormais ouverte de 7h à 19h et à l’entrée trois affiches accueillent le public : les morts, les disparus et les rescapés.

Sources : Conferencia Episcopal Venezolana (24/6/2026), Aide à l’Église en Détresse (13/7/2026)

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