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Assassinat d’un artisan de paix en Centrafrique

Le père Crépin Martial Monga du diocèse de Bangassou a été tué le 29 juin 2026, devant son presbytère.

Le 1er juillet dernier, les obsèques du père Crépin Martial Monga, en la cathédrale Saint-Pierre-Claver de Bangassou, ont été l’occasion d’exprimer l’indignation des Centrafricains. Ce prêtre de 36 ans a été assassiné par des hommes armés le 29 juin, devant sa résidence paroissiale. Outre sa fonction de vicaire, il était président du comité de Paix de Zemio et c’est probablement cette fonction qui lui a valu d’être ciblé. Les témoignages rapportent qu’il a été intentionnellement visé, dans une embuscade tendue par des hommes armés et qu’il n’a donc rien d’une victime collatérale.

Sa paroisse, Saint-Jean-Baptiste de Zemio, est en effet dans une zone de République centrafricaine marquée par de fortes tensions. Cette ville, située au sud-est du pays, dans la région de Mbomou, accolée à la frontière avec la République Démocratique du Congo, vit sous la menace de trois types de groupes armés. Face aux incursions de milices peules et ougandaises, des groupes d’autodéfenses locaux se sont montés et à ces deux antagonistes s’ajoute l’armée centrafricaine épaulée – plus ou moins loyalement – par les milices russes de Wagner. Dans ce contexte explosif, le père Crépin tentait de maintenir la paix, ce qui le mettait en situation dangereuse. Ainsi, sa paroisse avait recueilli jusqu’à 3000 réfugiés soudanais, jetés sur les routes par la guerre civile qui dévaste leur pays. Bien qu’ils soient majoritairement musulmans, le prêtre avait refusé de les considérer comme des alliés potentiels des milices peules qui dévastent la région.

Selon Radio Ndeke Luka, média de référence en République centrafricaine, sa position d’intermédiaire entre les groupes armés l’a mis dans une situation dangereuse. Quelques jours avant son assassinat, le père Crépin s’était rendu dans le village de Tabane, à 20 km de Zémio, pour rassurer ses habitants. Il les avait convaincus de ne pas fuir en brousse quand les patrouilles de mercenaires russes parcouraient leur village. Son rôle pour apaiser les tensions l’ont manifestement mis dans le collimateur de l’un des groupes armés qui profitent de la situation chaotique. 

Quentin Ngbouando, coordinateur de l’organisation de la société civile « I Gwé », dénonce le gouvernement, coresponsable de ce nouveau drame à ses yeux, car il aurait « abandonné sa propre population ». Son organisation est à l’œuvre sur le terrain pour défendre les intérêts des Centrafricains confrontés à la violence des groupes armés. Il rappelle qu’au mois de décembre dernier, quatre fonctionnaires ont été enlevés et qu’aucune mesure n’a été prise pour obtenir leur libération. Cet état de fait décourage ceux qui voudraient travailler au développement de cette région périphérique, assure-t-il. Dans ces circonstances, l’Église tente d’assurer le rôle pacificateur qui devrait revenir à l’État. Saluant le courage du père Crépin, il ajoute : « Dieu aura le dernier mot. Mais Dieu a institué des hommes pour travailler. Nous avons perdu l’un d’entre eux.»

Sources : Radio Ndeke Luka (30/06/2026), All Africa (01/07/2026) 

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