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« L’aide à mourir » compromet l’avenir des établissements de soins chrétiens en France

Closeup of couple holding hands together

La loi instaurant un « droit à mourir » par l’euthanasie ou le suicide assisté a été adoptée solennellement, en troisième lecture, par un majorité de députés à l’Assemblée nationale, le 30 juin. La clause de conscience, concédée aux médecins individuellement, exclut les infirmiers, les pharmaciens et les établissements privés (maisons de soins palliatifs, Ehpad, maisons d’accueil spécialisé), d’origine confessionnelle ou non. Leurs directions ne pourraient donc pas s’opposer à ce que « l’aide à mourir » soit pratiquée dans leurs murs.

Dans un entretien au Figaro, Mgr Matthieu Rougé, évêque de Nanterre, dénonce un « acharnement idéologique » et estime que « les établissements de soins chrétiens pourraient devoir fermer ou quitter la France » pour respecter leur charte éthique et leur raison d’être : soigner, soulager, et non tuer. L’évêque exprime sa déception : « Le gouvernement nous avait donné des assurances sur son soutien à une telle clause d’établissement, il y a encore peu de jours. Mais pendant la discussion, la ministre déléguée a donné systématiquement un avis défavorable aux amendements défendus par des députés aux couleurs politiques pourtant variées » en faveur d’une clause de conscience d’établissement. Pour Mgr Rougé, c’est clairement « un manquement à la parole donnée ». Et l’évêque de Nanterre de tirer la conséquence de cette obligation faite aux établissements catholiques de renier leur charte fondamentale : « Cent vingt-quatre ans après l’expulsion des congrégations religieuses de France par l’anticléricalisme d’Émile Combes, alors premier ministre, certaines congrégations, admirables de dévouement et de générosité, vont peut-être devoir fermer leurs maisons et quitter notre pays par fidélité à leur projet éthique. Voilà où risque de nous mener l’acharnement non pas thérapeutique, mais idéologique, actuel. »

« Nous pourrions être amenées à fermer des maisons » confirment, dans une interview à Aleteia, Sœur Agnès Racle, Petite Sœur des Pauvres à Rennes et médecin, et Sœur Sophie Manouri, membre du Conseil Général de la Congrégation. Les Petites Sœurs des Pauvres accueillent des personnes âgées dans 30 maisons de retraite réparties sur tout le territoire qui totalisent 2.500 résidents. La France compte une dizaine d’hôpitaux ou cliniques catholiques, quelque 350 établissements médico-sociaux, essentiellement des Ehpad (établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes) ainsi que des foyers d’accueil médicalisés et les services à domicile pour personnes handicapées. Tous ces établissements sont privés de clause de conscience par la loi instaurant le « droit à l’aide à mourir » qui vient d’être votée. Elle sera néanmoins de nouveau soumise au Sénat la  semaine prochaine. Mais au lieu de continuer à argumenter, la majorité sénatoriale a annoncé qu’elle confirmerait son rejet du texte pour le  renvoyer tel quel, sans débat, à l’Assemblée nationale. Celle-ci aura donc facilement le dernier mot… que devrait  lui accorder le Premier ministre. En effet, explique Alexis Brézet dans son éditorial d’Europe 1 du 30 juin, « l’article 45 de la Constitution est parfaitement clair : “ Le gouvernement peut (il n’est pas écrit : doit) demander à l’Assemblée  nationale de statuer définitivement”. Sébastien Lecornu pourrait très bien laisser durer la navette parlementaire...Il lui suffit pour cela de s’abstenir », en faisant constater la division des parlementaires sur ce sujet fondamental de civilisation. Mais le renoncement du Sénat à poursuivre le débat et la volonté réitérée du chef de l’État d’instaurer un « droit à mourir » ruinent cette hypothèse

Dans la Lettre Samaritanus Bonus sur le soin des personnes en phases critiques et terminales de la vie (14 juillet 2020), la Congrégation pour la doctrine de la foi a confirmé que les établissements catholiques ne pourront plus se prévaloir de ce titre s’ils pratiquent l’euthanasie ou le suicide assisté. On s’attend à ce que le pape Léon XIV aborde ce sujet lors de sa visite apostolique en France, du 25 au 28 septembre. Celle-ci a pour devise « Pour que le monde ait la vie ».

 

(Sources : Le Figaro, 27/06/2026  et 01/07/2026 ; Aleteia, 27/06/2026 ; La Croix, 30/06/2026 ; Europe 1, 30/06/2026)

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