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États-Unis : « Cristero », un congrès pour raviver la foi face aux persécutions

Le congrès « Cristero » s’est tenu le samedi 1er août dernier à Helotes, au Texas. Avec son thème « Choisir la foi plutôt que la peur », ce congrès visait à raviver et soutenir la foi des catholiques confrontés aux violences actuelles, en s’inspirant du témoignage des Cristeros, ces « soldats du Christ » mexicains morts pour la foi, au temps de la dictature anticléricale du président Calles.

Le curé de la paroisse ND de Guadalupe (archidiocèse de San Antonio) qui accueille le congrès, le père Rafael Becerra, déclare : « Cent ans après [la guerre des Cristeros], nous estimons nécessaire de raviver leur mémoire, non seulement comme un épisode de l’histoire du Mexique, mais aussi comme une source d’inspiration vivante pour les catholiques de notre temps ».

Certes, le président mexicain Plutarco Elías Calles (1877-1945) n’est plus de ce monde, et la guerre des Cristeros (3 août 1926 -21 juin 1929) appartient à l’Histoire, mais la persécution contre les catholiques demeure, avec une violence intense au Mexique. Les causes ont changé et prennent actuellement essentiellement le visage du narcotrafic. Les prêtres catholiques sont une cible fréquente, car ils ont le courage de dénoncer les agissements des cartels (meurtres, enlèvements, massacres), ils osent servir de médiateurs dans les zones de conflit, et œuvrent inlassablement pour la paix. Face à un pouvoir politique souvent incapable de faire régner la justice, le « pouvoir » du narcotrafic s’impose, et le clergé subi des menaces de mort. Beaucoup de prêtres sont assassinés avec une barbarie inouïe.

La peur n’est pas un vain mot, au Mexique. Les mots du thème du congrès « Choisir la foi plutôt que la peur » témoigne du poids de souffrance endurée et du courage requis pour la dépasser par la Foi.

Les Cristeros inspirent encore profondément les catholiques contemporains : « Ils devaient choisir entre la peur et la foi, entre le silence et le témoignage, entre le confort et la fidélité au Christ », a déclaré le père Rafael Becerra.

Le programme du congrès de Helotes s’est articulé autour de nombreuses conférences historiques. L’une d’elles, « La résistance pacifique conquiert une liberté durable » donnée par le père Armando González Escoto s’inspire du bienheureux Anacleto González Flores. Celui-ci, avocat laïc tué en 1927, est surnommé le « Gandhi du Mexique » en raison de son engagement pour la défense de la liberté religieuse et de sa résistance pacifique face aux violences anticléricales. L'historien Yves Bernardo Roger Solís Nicot, a abordé un thème également d’actualité : face aux persécutions, des dissensions peuvent apparaître dans l’Église, car tous les évêques ne prennent pas nécessairement les mêmes positions. Ce fut le cas au Mexique pendant les exils de 1914 à 1919 et de 1926 à 1929. Selon le père Becerra, la hiérarchie catholique mexicaine « loin d’être un bloc monolithique, s’est fragmentée en positions radicales, réformistes et conciliatrices face à l’État révolutionnaire ». C’est sans ignorer ce contexte que les martyrs vont  jusqu’au don suprême de leur vie.

Enfin, le curé de ND de Guadalupe a donné une conférence intitulée : « Cent ans d'audace chrétienne : quand croire coûte la vie » pour méditer sur la signification du martyre. « Le martyr ne donne pas seulement une partie de lui-même à Dieu, mais sa personne tout entière, sans réserve ni condition. Quiconque suit les traces des martyrs ne court jamais le risque de s'égarer », a-t-il déclaré, en soulignant l’importance de « comprendre comment faire face aux défis que les catholiques rencontrent actuellement aux États-Unis, au Mexique et dans d’autres parties du monde ». « À l’exemple des martyrs Cristeros, nous souhaitons que chacun puisse aussi crier par sa propre vie : “Vive le Christ Roi !” », a-t-il conclu.

(Source : aciprensa.com)

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