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Pakistan : deux chrétiens sauvés par des autorités musulmanes

Cathédrale Saint-Patrick, à Karachi / WikiCommon

Le 8 juillet dernier, une rumeur a couru dans les rues de Karachi, la plus grande ville du Pakistan , selon laquelle une famille de chrétiens avait profané le Coran. Pour tout Pakistanais, a fortiori pour des membres d’une minorité religieuse, cela équivaut à une condamnation à mort. Dans des dizaines d’occasions, des personnes accusées de « blasphème » ont été massacrées par des foules déchaînées, ou emprisonnées et condamnées à mort par la justice pakistanaise.

Cette fois, des exemplaires du Coran avaient été envoyés par la poste à diverses adresses, suscitant une vague d’indignation. Une mère et son fils, accusés d’avoir envoyé ces colis, ont été sauvés par l’intervention de personnes regroupées pour monter la garde devant le domicile des deux infortunés. Divers représentants des autorités civiles et même des chefs religieux musulmans ont pris la parole pour défendre les deux chrétiens. Un impressionnant déploiement de forces de sécurité, incluant des paramilitaires, a tenu en respect les attroupements de fanatiques attirés par la rumeur.

La Commission Justice et Paix (CCJP) de l’Église catholique locale a tenu à remercier ceux qui ont pris position pour sauver des innocents. Les imams qui se sont risqués à cet exercice n’ont eu à rappeler que des évidences. Il est hautement improbable que des chrétiens, ultra minoritaires dans un pays musulman agité par les mouvements extrémistes, aient signé eux-mêmes leur condamnation à mort. Il s’agit plutôt à une machination, ourdie par des ennemis de la famille. Mais formuler de telles évidences dans un pays chauffé à blanc, maintenu sous pression par des islamistes de diverses obédiences, demande beaucoup de courage.

En effet des émeutes de foules survoltées par un prétendu « blasphème » adviennent à intervalle réguliers au Pakistan. Ainsi, le 14 juillet dernier, la CCJP s’indignait de la conclusion de l’affaire Masih-Bibi par la justice pakistanaise. Le 4 novembre 2014, Shahzad Masih et sa femme enceinte, Shama Bibi, avaient étés lynchés par une foule en colère qui les accusait de blasphème, et jetés vifs dans le four d’une briqueterie. Douze ans après ce crime atroce, les derniers condamnés encore détenus ont été relâchés.

La Justice pakistanaise n’a pas montré la même mansuétude à l’endroit d’Amir Peter, catholique pakistanais de 61 ans. Accusé de « blasphème » et jeté en  prison malgré son état de santé fragile, il y est mort le 1er juillet dernier.

Sources : Asianews (11/7/2026), NCJP (14/7/2026) et Fides (3/7/2026)

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