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Léon XIV aux jeunes réunis à Barcelone : « Dieu est au cœur de nos nuits » 

Capture d'écran d'euronews

S’il fallait ne retenir qu’un seul épisode de la rayonnante visite apostolique du pape Léon XIV en Espagne (6-12 juin), ce pourrait être la grande veillée de prière dans l’immense stade olympique de Barcelone, le 9 juin, avec plus de 40 000 jeunes venus de toute l'Espagne et d'Europe. Le temps fort de la soirée, le dialogue entre le Pape et les jeunes, s’est ouvert par une vidéo d'introduction intitulée : « Les croix dans le monde ». En réponse à des témoignages poignants de jeunes gens en souffrance, certains révélant de terribles blessures d’enfance, le Pape les a invités à transformer leurs blessures en espérance, ces failles étant ouvertes à la lumière du Christ ressuscité.

Dans son homélie, Léon XIV s’est appuyé sur l’épisode de Nicodème venu rencontrer Jésus à la faveur de la nuit. « Les nuits qui accompagnent notre vie et notre chemin de foi sont un lieu de bénédiction, un espace de renaissance, un sein qui donne toujours naissance à une vie nouvelle » a expliqué le successeur de Pierre. Dans nos obscurités, « nous sommes des mendiants d'amour, nous avons faim et soif de vérité », a-t-il souligné.

Comment ne pas perdre de vue l'essentiel face aux nouvelles idoles qui séduisent les sociétés modernes ? « L'idolâtrie du profit et de la performance, la soif de devoir toujours produire et toujours gagner, ainsi que le culte de l'image de soi, ne sont que des anesthésiants destinés à endormir notre conscience » a développé le Pape. Puis il a répondu à la question en conseillant d’abord de cultiver une « saine inquiétude » par rapport à ces tentations, et de demeurer attentif aux questions qui habitent en profondeur le cœur humain. Concrètement, il a souligné l’importance du silence, de la prière, de la méditation, mais aussi de l’accompagnement par la communauté chrétienne.

La spiritualité ne dispense pas de soigner les souffrances psychologiques dont ont témoigné des jeunes. « La santé mentale est de plus en plus menacée dans des sociétés qui se considèrent comme avancées », a commenté le Saint-Père en dénonçant des injonctions permanentes de réussite et de performance qui fragilisent beaucoup de personnes.

Répondant à une question sur le sens de la souffrance, Léon XIV a invité à se tourner vers la Passion du Christ, son angoisse dans la nuit de  Gethsémani et les ténèbres de sa mort sur la Croix. « Le Fils de Dieu assume dans sa propre chair toute l’angoisse, la solitude et la souffrance de l’humanité ». a-t-il déclaré « Jésus partage notre douleur et nous révèle le visage d'un Dieu compatissant qui porte nos peines, souffre avec nous, pleure nos larmes et reste à nos côtés », a-t-il poursuivi. Quand Dieu semble absent, le Pape invite  à transformer la détresse en prière, à l'image du cri du Christ sur la croix. « Dieu ne veut pas la souffrance. Il la porte avec nous », a rappelé le Saint-Père. 

 « Comment puis-je pardonner à mon père ? Et où était Dieu quand j'étais petite ? » a demandé une jeune femme nouvellement baptisée mais marquée par son placement dans un foyer pour mineurs. Dans sa réponse, le Pape a d’abord rappelé que de telles situations renvoient à la liberté humaine. « Nous ne pouvons pas attribuer à Dieu ce qui a été confié à notre responsabilité.» Mais comment pardonner quand un mal irréparable humainement a été infligé ? « Pardonner ne signifie ni oublier le mal subi, ni nier les blessures, ni nécessairement reconstruire une relation détruite par la violence » a expliqué le Pape. Il a décrit le pardon comme un long cheminement de guérison intérieure : « Dans le pardon, on avance à petits pas », dans l’obscurité mais avec confiance, comme Nicodème. Peu à peu, « le Seigneur élargit en nous l'espace de l'amour précisément là où nous avons été blessés », a poursuivi Léon XIV en invitant chacun à reconsidérer les périodes d'obscurité de son existence : les crises personnelles, les blessures psychologiques, les épreuves familiales, les doutes, sont des chemins de guérison lorsqu’ils sont revisités dans l'ouverture à l'Esprit. « Ne cessons pas de chercher, de nous interroger et de dialoguer, avec Dieu et entre nous, même au cœur de la nuit », a conclu le Saint-Père.

(Sources : Vatican News ; Aleteia, 09/06/2026)                                             

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