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Assassinat d’un évêque au Mozambique

Par Agenzia Fides — AFRICA/MOZAMBICO

Mgr Osório Citora, évêque de Quelimane, a été assassiné aux premières heures du 6 juin. Un commando armé s’est introduit dans sa résidence épiscopale et l’a abattu. La clôture électrifiée qui était supposée protéger les lieux avait été mise hors tension au préalable, facilitant le travail des tueurs. Mgr Osório était membre de l’Institut missionnaire Consolata, secrétaire de la Conférence épiscopale du Mozambique, et évêque de Quelimane depuis août 2025. Les circonstances du meurtre font craindre que l’évêque ait été assassiné en raison de ses prises de position très critiques à l’encontre du gouvernement.

Mgr Osório avait en particulier dénoncé le sort des chrétiens de sa province du Cabo Delgado, au nord du pays. Alors que le gouvernement tend à minimiser les faits, l’évêque affirmait que la situation s’apparentait à la mise en place d’un califat. Plusieurs de ses confrères partagent son analyse, comme Mgr António Juliasse, évêque de Pemba, sur la côte nord-est du Mozambique.

Dans la province du Cabo Delgado, des terroristes d’inspiration djihadiste multiplient les incursions. Depuis le début de l’insurrection en 2017, les sources officielles déplorent la mort d’environ 6500 personnes et le déplacement forcé de près d’un million. Dans les premières années, les insurgés s’en prenaient principalement aux symboles de l’État, comme les postes de police, mais à présent les attaques frappent spécifiquement les chrétiens. Plus de 300 catholiques ont été assassinés, beaucoup par décapitation, et au moins 117 édifices religieux ont été détruits. L’église de la mission Saint Louis de Montfort, qui remontait à 1946, a été réduite en cendres, fin avril. Des églises historiques, comme l'église de l'Immaculée Conception de Mocímboa da Praia, ont-elles aussi été profanées puis incendiées. Les assassinats ciblés et les enlèvements se sont multipliés, rappelant les méthodes de l’État islamique en Syrie et en Irak, puis sur le continent africain, notamment au Nigeria.

Cette ressemblance ne doit rien au hasard. Ansar al-Sunna, le groupe armé qui a initié l’insurrection en 2017, a officiellement prêté allégeance à l’État islamique. Lorsque les militants d’Ansar al-Sunna se sont emparés de villes du Mozambique, comme Mocímboa da Praia en 2020-2021, ils y ont établi des taxes de passage, des redevances et y ont mené des campagnes de prosélytisme et de conversions forcées comparables à celles pratiquées à Mossoul ou à Raqqa au plus fort de l’expansion de Daesh.

Mgr Juliasse s’inquiète en particulier de la multiplication des discours de haine antichrétiens. La religion, qui a longtemps été un facteur d’entente entre les communautés, se mue en obstacle, regrette-t-il : « Auparavant, dans les villages de Cabo Delgado, les chrétiens avaient l’habitude d’assister aux funérailles des musulmans, et vice-versa, mais aujourd’hui, cela commence à être remis en question, et ce n’est pas à cause des chrétiens. »

Malgré ce constat, les autorités tendent à minorer le facteur religieux dans leurs communiqués, comme pour cacher une réalité gênante. « Le silence est toujours dangereux,il est difficile à interpréter et sème la confusion », avertit l’évêque.                                

(Sources : Aide à l’Église en Détresse 08/06/2026 et 03/06/2026 ; RFI 21/05/2026)

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