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Soudan du Sud : un diocèse en reconstruction

Lorsqu’il a posé sa valise dans son nouveau diocèse, Mgr Stephen Nyodho a pleuré. « C’est ici que je suis né, que j’ai grandi. Mais ma maison, mon école, tout avait disparu ». De retour de Rome, où il avait passé son doctorat, l’évêque retrouvait sa ville de Malakal, au nord-est de son pays, totalement anéantie. « Il ne restait rien, pas même une chaise ou une table, rien. J’ai dû partir de zéro. De nombreuses églises, de nombreuses chapelles, ainsi que toutes les autres institutions de l’Église avaient été détruites », témoigne-t-il.

Lui-même passait son doctorat en Italie quand la guerre civile sud-soudanaise avait éclaté en 2013. Il suivait avec inquiétude l’actualité. Sa toute jeune nation, qui n’avait acquise son indépendance qu’en 2011, au terme de décennies de conflits interethniques avec les populations nordistes, se déchirait à nouveau. Cette fois, c’étaient le président et le vice-président qui s’affrontaient :  ils ne sont parvenus à constituer un fragile gouvernement d’union nationale qu’en 2020.

Cet apaisement ne s’était pas encore produit quand le père Nyodho, nommé évêque par le pape François en 2019, avait demandé à recevoir la charge de sa ville natale. C’est ainsi qu’il l’avait trouvée dans un état de dévastation inimaginable et pratiquement vidée de sa population. Il ne restait pas plus d’un millier d’habitants à Malakal, alors que la ville affichait une population de plusieurs dizaines de milliers de personnes avant-guerre. Mais l’évêque est resté là-bas et, à la surprise générale, la vie a repris. « Il y a maintenant plus de 20 000 habitants. Presque toutes les écoles sont ouvertes et débordent d’enfants. La vie revient ! », se réjouit-il.  

Alors qu’une paix fragile s’installait lentement au Soudan du Sud, une autre guerre civile éclatait en 2023 au Soudan, de l’autre côté de la frontière. Des milliers de réfugiés tentaient de fuir les combats et de passer au Soudan du Sud. Ils s’amassaient de l’autre côté du Nil Blanc, espérant trouver la sécurité sur l’autre rive du fleuve, mais ils ne disposaient d’aucun moyen pour le traverser. Le diocèse de Malakal avait bien d’autres problèmes à résoudre, mais l’évêque organisa une opération de sauvetage. « J’ai demandé que notre embarcation la plus grande fasse traverser ces personnes pour les amener à Malakal », se souvient-il. Son diocèse a accueilli 10 000 réfugiés, encore hébergés et nourris aujourd’hui.

En plus de cette charge, le diocèse s’attelle à la reconstruction, qui commence par le retour à la cohésion sociale. Pendant des années, la population s’est entre-déchirée, et il serait vain de rebâtir les infrastructures qui pourraient être détruites par un nouveau conflit. Aussi, avant même de mettre en chantier les bâtiments et les routes, l’évêque a décidé d’ouvrir une radio, pour renouer la communication : « C’est la seule radio dans la région, et elle a changé la vie de milliers de personnes », assure-t-il. À présent, la situation relativement stabilisée a permis à l’Église sud-soudanaise de reconstruire une partie des églises, des écoles et des presbytères.

Source : Aide à l’Église en Détresse (29/04/2026)

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