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Léon XIV en Algérie, 1600 ans après saint Augustin

capture d'écran du discours du pape en Algérie

Le 14 avril, deuxième jour de son voyage apostolique en Algérie, le pape Léon XIV a rendu hommage à son maître spirituel, saint Augustin (354-430). Le successeur de Pierre s’est rendu à Annaba, ville maritime située à 500 kilomètres à l’est d’Alger, qui a succédé à l’antique Hippone dont Augustin fut l’évêque pendant plus de trente ans. Dans la basilique Saint-Augustin, où le pape allait célébrer l’unique messe de son séjour en terre algérienne,  Mgr Michel Guillaud, évêque de Constantine, a accueilli le Souverain pontife en rappelant cette phrase qu’il avait prononcée le jour de son élection : « Je suis fils d’Augustin ». « Depuis ce jour, a poursuivi Mgr Guillaud, il est devenu clair pour tous que vous alliez venir. »

Ce pèlerinage est en effet la clé spirituelle de cette première visite d’un pape en Algérie -dans un lieu que Léon XIV connaissait néanmoins de longue date : en tant que prieur général de l’Ordre de Saint-Augustin, le religieux Robert Francis Prevost y avait participé à un colloque international consacré à « Saint Augustin : africanité et universalité » en 2001. Il était revenu à Annaba/Hippone en 2013, pour participer à l’inauguration, après rénovation, de la basilique Saint-Augustin (construite en 1881 près des ruines de l’ancienne église qu’avait connue saint Augustin).

Dans l’homélie de cette messe votive de saint Augustin, prononcée en français, le Saint-Père a souligné la « règle fondamentale de la charité » qui doit animer les chrétiens, y compris, héroïquement, « face à la misère et à l’oppression ». « C’est ici que les martyrs ont prié, c’est ici que saint Augustin a aimé son troupeau en cherchant la vérité avec passion et en servant le Christ avec une foi ardente », a rappelé le Pape. Avant de conclure : « Soyez les héritiers de cette tradition en témoignant, dans la charité fraternelle, de la liberté de ceux qui naissent d’en haut comme une espérance de salut pour le monde.» Comment ne pas faire le parallèle entre notre monde et celui du délitement de l’Empire romain  dont fut témoin l’évêque d’Hippone ? Déjà celui-ci exhortait les fidèles à lever les yeux vers le ciel, pour voir plus loin et plus haut que l’extension des ruines.

La veille, 13 avril, premier jour de sa visite en Algérie et de son voyage de 11 jours en Afrique (après l’Algérie, le Cameroun, l’Angola et la Guinée équatoriale), le Pape s’était rendu au Centre d’accueil et d’amitié des sœurs augustines missionnaires, dans le quartier populaire Bab El Oued, près d’Alger. C’est là que vivaient deux religieuses espagnoles de la congrégation des Augustines, sœur Esther Paniagua Alonso et sœur Caridad Álvarez Martín, assassinées le 23 octobre 1994. Elles font partie des 19 catholiques tués pendant la guerre civile algérienne -dont les moines de Tibhirine- qui ont été béatifiés à Oran en 2018 . Au cours de cette visite privée, loin des caméras, le  Pape a prié avec les sœurs de cette résidence, évoquant la « présence précieuse sur cette terre »  de ces bienheureux martyrs. Un thème sur lequel il est revenu lors d’une rencontre avec des catholiques dans la basilique Notre-Dame d’Afrique, en évoquant la vocation augustinienne de « rendre témoignage jusqu’au martyre ». Léon XIV a salué la mémoire de ces martyrs qui « face à la haine et à la violence, […] sont restés fidèles à la charité jusqu’au sacrifice de leur vie, aux côtés de tant d’hommes et de femmes, chrétiens et musulmans ». « Leur sang est une semence vivante qui ne cessera jamais de porter du fruit », a assuré le Pape.

(Sources : Vatican News, 14/04/2026 ; Aleteia, 14/04/2026 ; Le Figaro, 12/04/2026 )

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