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Nigeria : nouvelles attaques djihadistes contre des chrétiens à Pâques

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Une semaine après les attaques qui avaient frappé des églises lors du Dimanche des rameaux, les djihadistes ont réitéré leurs exactions à l’encontre de fidèles rassemblés pour célébrer Pâques, le 5 avril. Dans l’État de Kaduna, au centre du pays, des assaillants identifiés comme des milices Fulani (ou Peuls, nomades musulmans) ont encerclé deux églises avant de les mitrailler. La paroisse catholique Saint-Augustin et une église protestante ont été visées, au moins douze chrétiens ont été tués et des dizaines d’autres ont été enlevés. Plus au sud, dans l’État de Benue, majoritairement chrétien, une attaque à l’aube de Pâques, a visé le village de Jande. Dix-sept de ses habitants ont été assassinés. Enfin, dans l’État de Kebbi, au nord-ouest du pays, des attaques ont visé quatre villages, dont l’un, nommé Kawara, a été entièrement incendié lundi matin.

Des informations contradictoires circulent quant au nombre exact de victimes de ces attaques de Pâques, mais les témoignages permettent d’avancer que plusieurs dizaines de chrétiens ont été tués. Les djihadistes ont aussi enlevé de très nombreuses personnes, probablement plus d’une centaine. L’armée nigériane a prétendu avoir libéré 31 otages le lendemain de Pâques, mais cela est contesté. Les otages en question avaient été capturés à Ariko, dans l’État de Kaduna, mais l’un des représentants de la communauté attaquée a démenti : « En ce qui nous concerne, toutes les victimes enlevées sont encore aux mains des bandits ». Le nom des otages qui auraient été secourus n’ont pas été publiés, ce qui tend à décrédibiliser les forces de sécurité nigériane.

Elles sont au cœur des critiques formulées par les responsables de l’Église catholique nigériane. Parmi eux, Mgr Matthew Kukahé, évêque du diocèse très exposé de Sokoto, au nord-ouest du pays, a dénoncé le gouvernement. Dans son message de Pâques, intitulé La foi et l'espoir en temps de turbulence, il déclare : « La turbulence est le nom de famille du Nigeria. [...] Après plus de 20 ans et bien plus de 20 000 cadavres... le sinistre moissonneur rôde toujours librement à travers le pays. »

Reprenant la métaphore du pape François, il compare son Église nigériane à un « hôpital de campagne », qui ne peut que soigner les blessures urgentes sans résoudre les causes profondes. L’évêque avertit que les défaillances de l’administration nigériane et ses  promesses non tenues créent une situation dangereuse. Certains citoyens sont tentés de faire alliance avec des bandits, voire de prendre eux-mêmes les armes, pour assurer leur propre sécurité.

Sources : BBC (07/04/2026) Nigeria Daily Post (07/04/2026) Persecution.org (06/04/2026) Business Day (06/04/2026)

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