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États-Unis : Les catholiques se confessent-ils toujours ?

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Le Catholic Pulse Report a mené un sondage en février dernier auprès de 1500 catholiques américains sur leur pratique du sacrement de réconciliation. Si l’on constate une baisse de la fréquentation de ce sacrement, beaucoup prétendent désirer y revenir. 68% des catholiques interrogés affirment ne pas s’être confessés pendant l’année écoulée. Parmi ceux-là, deux tiers « se disent prêts à se confesser plus souvent ou souhaiteraient le faire ».

L’Église américaine qui travaille à son renouveau cherche à rejoindre ceux qui se sont éloignés de la pratique religieuse. De nombreuses initiatives dans les diocèses sont lancées en ce sens. Parmi elles, le Catholic Pulse, principale émanation du Vinea Research Group. Celui-ci vise à fournir à l’Église catholique des informations précises, documentées et fiables pour sa mission. Car trop souvent, selon le groupe, « de nombreux responsables [ecclésiastiques] doivent prendre des décisions sans une connaissance claire et fidèle des personnes qu’ils servent. »

Des dirigeants catholiques, clercs ou laïcs, ont salué cette étude, affirmant qu’elle les aide à adapter leur pastorale. Tim Glewkowsy, directeur exécutif de Amazing Parish, (association de soutien aux pasteurs et aux paroisses), affirme : « De nombreux catholiques […] attendent en silence d’être invités à revenir à la foi. […] Parallèlement, cette étude met en lumière les lacunes catéchétiques qu’il convient de combler avec clarté et conviction. » Plusieurs évêques saluent aussi cette étude car elle leur fournit des explications sur les raisons profondes qui éloignent les fidèles de la confession et celles qui les attirent à y revenir.

Le sondage révèle que les catholiques boudent la confession, non pas pour des raisons pratiques ni logistiques, mais bien pour des raisons catéchétiques, aux accents protestants : « 70 % des catholiques non pratiquants et 81 % de ceux dont la dernière expérience remonte à l'enfance affirment pouvoir demander pardon à Dieu directement par la prière plutôt que de se confesser. » De plus, ils disent ressentir une certaine gêne et une incertitude quant au déroulement de la confession. Enfin, le manque d’habitude achève de les dissuader d’aller vers le sacrement de réconciliation.

Si la pastorale peut désormais être axée sur ces difficultés exprimées par les fidèles, elle va également pouvoir s’appuyer sur un autre constat, très encourageant celui-ci, révélé par l’enquête : quasiment 80% des catholiques affirment que « le désir de recevoir le pardon et la miséricorde de Dieu est la principale motivation qui [les] pousserait à revenir se confesser. »

Ce constat semble montrer une contradiction : autant certains catholiques désertent la confession sacramentelle, prétextant demander pardon à Dieu « directement » dans leur prière personnelle, autant ils désirent « recevoir la miséricorde de Dieu » en revenant au sacrement.

Le sondage précise également : « Les catholiques qui assistent à la messe au moins une fois par mois obtiennent des scores supérieurs aux normes nationales en matière d'épanouissement humain, et ceux qui se confessent régulièrement affichent les niveaux les plus élevés, notamment en termes de sens, de paix et de bien-être général. »

Grâce au rapport du Catholic Pulse, les pasteurs pourront plus facilement inviter les fidèles à revenir à la confession en les mettant plus à l’aise devant l’inconfort de l’aveu de leurs péchés (50% des sondés), en dédramatisant le fait de confesser sans cesse les mêmes fautes (43%), en mettant l’accent sur la miséricorde plutôt que sur le jugement.

(Sources : zeale.co, catholicpulsereport.org)

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