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Indonésie : un prêtre tente de prévenir un désastre écologique

le père Ferry Sutrisna Wijaya

En novembre 2025, un cyclone s’est abattu sur l’île de Sumatra. Il a causé la mort de plus d’un millier de personnes et la fuite d’un demi-million, selon les sources officielles. La gravité de la catastrophe a été multipliée par les dégradations de l’environnement de cette île, frappée par la déforestation et la monoculture de palmier à huile. Le père Ferry Sutrisna Wijaya, du diocèse de Bandung (Java occidental), avertit que le manque d’intérêt pour les questions écologiques et sociales provoquera de nouvelles catastrophes en 2026.

Citant le journaliste indonésien Dandhy Dwi Laksono, il rappelle que contrairement à d’autres catastrophes, comme le tsunami d’Aceh en 2004, la catastrophe de Sumatra en 2025 était liée à l’activité humaine. La perte de la couverture forestière a rendu les sols incapables d’absorber les eaux de pluie. Il avance également que la réduction des forêts a favorisé des pics de température qui ont donné au typhon du mois de novembre une ampleur inédite.

L’exploitation des ressources naturelles sur l’île de Sumatra a gravement dégradé la biodiversité locale. Les forêts d'Aceh, au nord et à l’ouest de Sumatra, ont diminué de 1,2 million d'hectares en trois décennies. Or, regrette le père Ferry, rien n’indique que l’actuel gouvernement infléchisse sa politique d’exploitation des ressources naturelles. Au contraire, le président Prabowo Subianto continue à annoncer de nouveaux projets d’exploitations. Le 16 décembre 2025, il déclarait : « La région de Papouasie doit être plantée de palmier à huile pour le combustible, de canne à sucre et de manioc pour l'éthanol », dans le but d'assurer l'autosuffisance alimentaire et énergétique. Un vaste projet étalé jusqu’en 2030 prévoit en particulier la multiplication des plantations de cannes à sucre et de palmiers à huile dans les territoires de la Papouasie occidentale. Le projet, pharaonique, prévoit des exportations de 1,6 milliards de dollars.

Ce serait une catastrophe pour la population autochtone, qui subit déjà les expropriations et la dégradation de son environnement. Elle n’a pas été enrichie par les chantiers miniers, selon les statistiques officielles du gouvernement. Alors que le taux moyen de pauvreté en Indonésie en mars 2025 se chiffrait à 8,47 %, il atteignait 30,03 % dans la province montagneuse de Papouasie.

Par ailleurs, ces exploitations s’accompagnent de violences commises par les forces de sécurités indonésiennes à l’encontre des Papous. À l’image du père Ferry, une partie de l’Église catholique locale dénonce ouvertement ces exactions. Le prêtre rappelle : « L'Église est ici pour allumer la conscience de l'amour de la nation ». Il est persuadé qu’une grande partie de ses coreligionnaires ne réalisent pas l’ampleur des crimes commis dans leur pays. Il interroge : « Saviez-vous que, par exemple, à Intan Jaya avec 8 districts et 97 villages, il y a encore des réfugiés qui sont forcés de vivre dans la peur, leurs maisons brûlées, et qui craignent d'être tués à tout moment ? » Les exemples qu’il prend démontrent qu’il ne s’agit pas là d’incident isolés. Il espère réveiller ses concitoyens par ses prises de paroles et ses publications. À ses yeux, ce travail d’éveilleur des consciences fait partie de sa mission : « L'Église indonésienne est appelée à être un « pèlerin de l'espoir » (…) à témoigner que la paix n'est pas un vœu pieux, mais le fruit d'un voyage partagé dans le Saint-Esprit. »

(Source personnelle)

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