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Jimmy Lai, un grand témoin face à la persécution communiste

Jimmy Lai / crédit : The Select Committee on China

Magnat de la presse, milliardaire, il aurait pu quitter Hong Kong avant que les mâchoires de Pékin se referment sur l’ancienne colonie britannique, rétrocédée à la Chine communiste en 1997. Cette même année est aussi celle de la conversion de Jimmy Lai à la foi catholique. Devenu un chrétien fervent, il a préféré témoigner pour la liberté au prix de la sienne. Après déjà plus de cinq ans d’une dure incarcération, cet homme de 78 ans, dont la santé est chancelante, a été condamné le 9 février à 20 ans de prison par le tribunal de Hong Kong aux ordres du pouvoir communiste. Autant dire, vu son âge et sa maladie, qu’il s’agit d’une condamnation à perpétuité, et même «à la peine de mort», comme l’a déclaré Elaine Pearson, directrice de l’ONG Human Rights Watch.

Accusé d’avoir comploté pour « renverser le Parti communiste chinois », de collusion avec des forces étrangères, et de  publications « séditieuses », Jimmy Lai paie son opposition résolue à la dictature communiste. Son principal journal, le quotidien Apple Daily, en a été le fer de lance jusqu’à son interdiction par les autorités en 2021. La peine prononcée contre son propriétaire et directeur est la plus lourde jamais infligée en vertu de la loi sur la sécurité nationale dictée par Pékin en 2020, après les manifestations massives de la population hongkongaise contre le gouvernement communiste. Deux fois plus lourde que celle infligée en 2024 à un autre défenseur des mouvements pro-démocratie à Hong Kong, le juriste Benny Tai. Comme ce dernier, les trois principaux collaborateurs de Jimmy Lai à l’Apple Daily ont écopé de dix ans de prison.

En faisant condamner si durement cette icône du combat contre le totalitarisme communiste (Le Quotidien du Peuple a qualifié Jimmy Lai de « diable »), le  président chinois Xi Jinping a voulu faire un exemple. Cette condamnation a soulevé beaucoup d’indignation dans le monde, surtout au Royaume-Uni et aux États-Unis. « Condamner mon père à cette peine de prison draconienne est dévastateur pour notre famille et met sa vie en danger. Cela marque la destruction totale du système judiciaire de Hong Kong et la fin de la justice », a déclaré son fils Sébastien, dans un communiqué. « Si la peine est appliquée, il mourra derrière les barreaux en martyr », annonce sa fille Claire.

A l’issue du verdict, le condamné ne s’est pas départi de son calme. Il a salué, d’un geste de la main, les personnes venues l’assister, dont son épouse Teresa, le cardinal Zen (94 ans), évêque émérite de Hong Kong, qui l’avait baptisé en 1997, et d’anciens journalistes d’Apple Daily. On sait qu’il vit son incarcération comme une grande retraite (« une pénitence joyeuse » a confié son fils), poursuivant la Bible à la main un combat spirituel, dans l’union au Christ rédempteur.

(Sources : Aleteia, 09/02/2026 ; Europe 1 ; La Croix,10/02/2026)

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