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Sainte-Marie-Majeure, symbole de la grâce

Plus grande et plus ancienne église romaine consacrée à la Vierge Marie, Sainte-Marie-Majeure figure parmi les quatre basiliques pontificales de Rome. C’est le deuxième lieu le plus célèbre du monde pour la dévotion à la Mère de Dieu, après la « Santa Casa » à Lorette, en Italie.

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Un Ave Maria s’élève, solitaire, dans la nef latérale de la basilique Sainte-Marie-Majeure, à Rome. Bientôt, la prière trouve un relais auprès d’une, deux, trois personnes, puis de tout un groupe. Les pèlerins philippins chantent en chœur, tandis qu’ils patientent pour voir la tombe du pape François. Quelques minutes plus tard et dans un pieux silence, ils contemplent avec émotion et dévotion le tombeau de celui qui fut le chef suprême de l’Église catholique du 13 mars 2013 au 21 avril 2025. « François était très apprécié aux Philippines. Il a marqué son temps avec un certain désir de rompre avec la tradition », explique l’un des pèlerins venant d’un pays où plus de 80 millions d’habitants sont catholiques pratiquants. En choisissant Sainte-Marie-Majeure comme lieu de sépulture, François rompait en effet avec plus de quatre cents ans de tradition. Aucun pape, depuis 1669 et Clément IX, n’avait choisi un autre lieu de repos éternel que la nécropole de la basilique Saint-Pierre, au Vatican. L’Argentin justifiait son choix par son attachement profond au culte de la Vierge Marie, lui qui se rendit à Sainte-Marie-Majeure dès le lendemain de son élection comme 266e pape. Il faut dire que la fondation même de la basilique est liée à Marie, après un miracle survenu en 358. 

Le miracle de la neige

Sainte-Marie-Majeure se dresse depuis seize siècles sur la colline romaine de l’Esquilin. Mais pourquoi précisément à cet endroit ? Selon la tradition, c’est là que la Vierge aurait indiqué et inspiré la construction de sa demeure. Apparaissant en rêve à Jean, un patricien romain, et au pape Libère (352-366), elle demande l’édification d’une église en son honneur. Quant au lieu, la Mère de Dieu le désigne de manière miraculeuse... par l’intermédiaire de la neige. Le 5 août 358, en plein été et dans la chaleur de la Cité éternelle, des flocons tombent du ciel et une fine pellicule blanche couvre la colline de l’Esquilin. Libère dessine lui-même les plans, à même la neige, de la première église. « La chute de neige peut être comprise comme un symbole de la grâce, c’est-à-dire d’une réalité qui unit beauté et gratuité, analysait le pape François. C’est quelque chose qui ne se mérite pas, qui ne s’achète pas, elle peut seulement être reçue en don. » Aujourd’hui, il ne reste rien du premier édifice, mais la basilique est la seule, à Rome, à avoir conservé sa structure datant de l’Antiquité tardive (IIIe-VIIIe siècles). Et si les premiers murs ne résistent pas au temps, le miracle, lui, traverse les siècles. Encore aujourd’hui, la basilique est aussi appelée « Notre-Dame des Neiges », cette dernière étant célébrée tous les 5 août. En France, des abbayes, des chapelles ou encore des églises portent le nom « Notre-Dame-des-Neiges », comme à Aurillac dans le Cantal, au Havre en Seine-Maritime, dans le petit village de Sainte-Agnès dans les Alpes-Maritimes et jusqu’à Cilaos, sur l’île de La Réunion.

Le miracle de la neige se produit en 358, mais la construction de la basilique ne débute qu’un siècle plus tard, sous le règne du pape Célestin Ier (422-432). Les premières pierres sont posées sur la colline de l’Esquilin au lendemain du concile d’Éphèse, convoqué en 430 par l’empereur romain de Constantinople Théodose II. Un concile déterminant dans l’histoire du christianisme, à l’origine du dogme de la Vierge Marie Théotokos, « Mère de Dieu ». La basilique, par la suite, connaît de nombreuses restaurations et des agrandissements. La façade actuelle, par exemple, date des années 1740. Elle est l’œuvre de Ferdinando Fuga, un maître du baroque napolitain mandaté par le pape Benoît XIV (1740-1758). L’édifice, qui ne se trouve pas sur le territoire du Vatican, en est bien la propriété, car il bénéficie d’un statut d’extraterritorialité, selon les accords de Latran passés en 1929 entre l’État italien, représenté alors par Benito Mussolini, et le Saint-Siège.

Retrouvez l'intégralité de cet article dans le numéro 11 du magazine 1000 Raisons de Croire.

Maxime Dewilder

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