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La France de Marie, cette « idée de Dieu »

De l’incendie de Notre-Dame en 2019 à sa réouverture en 2024, un souffle nouveau a traversé le cœur des Français. L’émotion mondiale a révélé la place unique du cœur marial de Paris, que raconte avec brio l’ouvrage Marie et la France.

 

L’histoire de Dieu avec la Gaule commence en réalité dès le Golgotha. On sait que Longin, le légionnaire romain qui perça de sa lance le Cœur de Jésus crucifié, était gaulois et que les amis les plus intimes du Christ, Lazare, Marthe et Marie-Madeleine fuyant les persécutions qui suivirent la crucifixion à Jérusalem, vinrent s’établir en Gaule, emmenant avec eux la dépouille de sainte Anne, mère de Marie. Déjà, avant l’arrivée de ces premiers évangélisateurs, une Virgo paritura, une « Vierge qui doit enfanter », était apparue à Longpont-sur-Orge et à Chartres ! De même, un premier culte marial est attesté au Puy-en-Velay vers 431, comme un premier catéchuménat de la Gaule avant son baptême à Reims vers 496.

L’importance de ce baptême est capitale : avec Clovis, c’est tout un peuple, représenté par ses trois mille officiers, qui descend dans le baptistère. Désormais, le Christ est proclamé Roi de France et Marie sa Reine, selon l’adage antique « le royaume des Francs est le Royaume de Marie ». La Gaule va devenir la France, son nouveau nom de baptisée dans la foi catholique de Nicée et la sœur aînée des nations chrétiennes. C’est à ce titre qu’en 1980, au Bourget, le pape Jean-Paul II posera la question célèbre : « France, Fille aînée de l’Église, es-tu fidèle aux promesses de ton baptême ? » 

Une fidélité mariale éprouvée par l’histoire

Elle y sera institutionnellement fidèle jusqu’à la révolution de 1789, soit durant les treize premiers siècles qui suivirent son baptême. Pendant ces siècles, Marie va protéger constamment la Gaule face aux envahisseurs, notamment lors de la bataille de Poitiers en 732, où elle arrête l’invasion de l’islam naissant, ou plus tard en 1431 avec Jeanne d’Arc qui, sous la bannière de Jésus, Marie, rétablit un roi catholique sur le trône de France, face à l’Angleterre. 

Dès le XIIe siècle, la piété mariale est telle que la France construit les premières cathédrales dédiées à Notre Dame qui vont recouvrir le pays. Cette piété va aboutir, en 1638, à la consécration du royaume à la Vierge par le roi Louis XIII et la proclamation de la fête de l’Assomption comme fête irrévocable de la nation. Durant cette époque, la France donnera ses grands docteurs marials ; parmi eux, en 1712, à la veille de la révolution de 1789, saint Louis-Marie Grignion de Montfort publiera le fameux Traité de la vraie dévotion à Marie

Marie n’abandonne pas la France

C’est cette histoire privilégiée avec Marie que le pape Pie XI reconnaîtra officiellement presque deux siècles plus tard, en 1922, en instituant « Notre Dame de l’Assomption patronne principale de la France ». Car, malgré l’absence de réponse de Louis XIV à la demande du Ciel de consacrer le pays au Sacré Cœur, faite via Marguerite-Marie à Paray-le-Monial en 1673, et malgré la rupture révolutionnaire de 1789, loin d’abandonner la France, la Sainte Vierge va entreprendre, pendant tout le XIXe siècle, un cycle d’apparitions dessinant sur le sol français un immense M marial. En 1830, elle apparaît rue du Bac à Paris, puis en 1846, dans les Alpes, à La Salette ; en 1858, elle se montre à Bernadette de Lourdes, puis en 1871, à Pontmain (Mayenne) et en 1876 à Pellevoisin, où elle demande à Estelle Faguette  de répandre le scapulaire du Sacré Cœur de Jésus. Une demande de dévotion au Sacré Cœur qu’elle réitérera en 1994 à Virginie, une mère de famille, lui annonçant un « relèvement » pour ce pays qui passera par la consécration des Français aux « deux saints Cœurs unis de Jésus et Marie ». 

Les signes visibles d’un réveil

Ce relèvement avait été prophétisé par le pape Pie X le 29 novembre 1911 : « Un jour viendra, et nous espérons qu’il n’est pas très éloigné, où la France, comme Saül sur le chemin de Damas, sera enveloppée d’une lumière céleste et entendra une voix qui lui répétera : "Lève-toi, lave tes souillures […] et va porter, comme par le passé, mon nom devant tous les peuples de la terre" » ; et, plus proche de nous, par Marthe Robin en 1936 : « La France tombera très bas. Plus bas que les autres nations, à cause de son orgueil. Il n’y aura plus rien. Mais dans sa détresse, elle se souviendra de Dieu et criera vers Lui, et c’est la Sainte Vierge qui viendra la sauver. »

Ce relèvement est là ! Le renouveau des baptêmes, la réouverture de Notre-Dame en 2024, le succès miraculeux du film Sacré Cœur en 2025, la reprise d’innombrables pèlerinages marials le montrent. De même que la redécouverte significative, au début des années 2000, du sanctuaire Notre-Dame du Laus dans les Alpes où Marie, pendant cinquante-quatre ans, de 1664 à 1718, était venue préparer un nouveau « refuge des pécheurs » pour notre temps !

Nous sommes bel et bien à l’heure de « l’armée de la Sainte Vierge », ces « apôtres des derniers temps » prophétisés par Grignion de Montfort. Le père de Monteynard disait : « La France est une idée de Dieu. » Ce livre permet, à travers son incroyable histoire mariale, de le redécouvrir avec puissance ! 

Geneviève Esquier

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