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Les puissants messages de la médaille miraculeuse

Que révèle vraiment la Médaille miraculeuse ? Derrière ses symboles se dessine le rôle singulier de Marie dans l’histoire du salut.

© DR, 1000 raisons de croire

Au début du XVIIIe siècle, saint Louis-Marie Grignion de Montfort exprimait sa grande intuition : « C’est par la Très Sainte Vierge Marie que Jésus-Christ est venu au monde » et « c’est aussi par elle qu’il doit régner dans le monde. » Selon lui, la pleine connaissance du Christ passerait par celle de Marie : « Dieu veut donc révéler et découvrir Marie, le chef-d’oeuvre de ses mains, dans ces derniers temps » (cf. Traité de la Vraie Dévotion, n° 1.13.50).

Ces intuitions prophétiques ont pris corps au XIXe siècle. Marie s’est dévoilée peu à peu aux hommes, comme jamais auparavant. L’une des premières apparitions a lieu à la chapelle des Filles de la Charité, rue du Bac, à Paris en 1830, prélude d’une longue série qui s’est égrenée sur les deux derniers siècles (La Salette, Lourdes, Pontmain, Pellevoisin, Knock, Fatima, Beauraing, Banneux, mais aussi Heede, Tre Fontane, l’Île-Bouchard, Zeitoun, Akita, Kibeho, Medjugorje, San Nicolás…).

Parallèlement, l’Église a contribué à dévoiler le mystère de Marie en proclamant les dogmes de l’Immaculée Conception et de l’Assomption. Aux titres traditionnels de « Toujours Vierge », « Très Sainte Vierge » et « Mère de Dieu » se sont ajoutés ceux de « Nouvelle Ève », de « Reine » et de « Mère de l’Église ».

Ces proclamations précisent une grande partie de la vie de la Vierge Marie : notamment sa conception (Immaculée), sa consécration (Vierge), le moment fondateur de l’Incarnation (Mère de Dieu) et la fin de sa vie, avec son passage au Ciel (Assomption) et sa glorification (Reine du Ciel et de la terre). Il reste encore à éclairer son rôle exact aux moments de la Passion, de la Résurrection, de la Pentecôte et de la naissance de l’Église.

UNE MÉDAILLE SYMBOLIQUE

La Médaille miraculeuse, révélée rue du Bac en 1830, apporte plusieurs pistes fécondes : 

  • Côté face, les rayons jaillissant des mains de Marie symbolisent les grâces accordées aux hommes et évoquent son rôle de « médiatrice de toutes grâces » : Marie a donné au monde le Christ, par qui sont venues la grâce et la vérité (cf. Jn 1, 17). Elle était aussi présente lorsque l’Église reçut le don de la Pentecôte.
  • L’inscription « Ô Marie, conçue sans péché, priez pour nous qui avons recours à vous » annonce le dogme de l’Immaculée Conception, proclamé le 8 décembre 1854 par le pape Pie IX. Elle rappelle que Marie est « l’Avocate » de l’Église.
  • Côté pile, le M marial imbriqué avec la Croix du Christ au-dessus des Coeurs unis de Jésus et de Marie évoque la « coopération » unique et active de la « Nouvelle Ève » à l’Incarnation et à la Rédemption ; son « oui », qu’elle a dit au nom de toute l’humanité à l’Annonciation, se prolonge au pied de la Croix, comme l’ont enseigné tous les papes et le concile Vatican II (Lumen Gentium, nos 56, 61, 63 et 65).

Entre 1945 et 1959, des apparitions de « Notre Dame de Tous les Peuples » ont été alléguées à Amsterdam avec des messages prophétiques étonnants, dont beaucoup se sont accomplis. Mais ces supposées manifestations ont connu une histoire mouvementée : d’abord déclarées non surnaturelles par Rome, puis reconnues de 1996 à 2002 par les évêques d’Amsterdam, elles furent de nouveau condamnées par Rome en 2024. Marie s’y serait présentée comme « corédemptrice, médiatrice et avocate », appelant la proclamation d’un nouveau dogme. Or , la notion de « corédemption » demeure très discutée dans l’Église.

MARIE AUX CÔTÉS DU CHRIST

De nombreux papes, saints et mystiques ont qualifié Marie de « corédemptrice » mais, sous les trois derniers papes, un dicastère romain a jugé que ce terme pouvait être mal compris et risquer de mettre Marie sur un plan d’égalité avec son Fils. Pourtant, l’Église reconnaît la « coopération » de Marie à la Rédemption et sa « compassion » au pied de la Croix. Le préfixe « co- » signifie ici « avec » et non « égal ». Sa compassion ne se substitue pas à la Passion du Christ, pas plus que sa « médiation » maternelle ne remet en cause le Christ comme unique Médiateur. La corédemption attribuée à Marie ne la place ni à égalité ni au même rang que le Christ. Le mot doit être bien interprété. Un débat similaire a eu lieu pour le terme « hypostase », d’abord condamné à Nicée en 325, puis finalement adopté à Constantinople en 381.

Pour comprendre cette notion, rappelons que tout chrétien est appelé à coopérer à l’ oeuvre de Dieu en portant la Croix à l’image de Simon de Cyrène, et en offrant « ce qui reste à souffrir des épreuves du Christ » (Col 1, 24). Marie coopère à cette oeuvre d'une manière particulière : son « oui » est total et, selon la volonté de Dieu, nécessaire à l’Incarnation rédemptrice, tandis que le nôtre, loin d’être total, nous permet d’accueillir le salut. Voilà pourquoi la Médaille miraculeuse et la piété chrétienne associent très justement son Coeur immaculé au Sacré Coeur de Jésus d’une manière spéciale et unique.

Olivier Bonnassies

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