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Un témoin séculaire de l’Église vietnamienne

Basilique Notre-Dame de Saïgon / © Diego Delso, CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons

Le 28 septembre 2026, à 20h15, Stephanus Nguyen Khac Duong a vécu « le plus beau moment de sa vocation d'enfant de Dieu », assure un communiqué de l’évêché de Bùi Chu. « Dieu rappela le vénérable prêtre au banquet éternel du ciel », poursuit cet hommage au défunt, qui avait atteint l’âge de 101 ans. Prêtre, professeur connu sous le surnom respectueux de « maître Duong », il a marqué des générations de clercs. Parmi eux, le prêtre vietnamien Joseph Tran Van Hoc a rédigé une biographie du vieux maître.

Stephanus Nguyen Khac Duong est né le 24 septembre 1925 au sein d'une prestigieuse famille confucéenne. Il avait 13 frères et sœurs, dont la plupart ont fait des carrières de médecin, écrivain ou physicien. Lui est entré à l'école Thien Huu, un établissement catholique de Hué en 1938. Grâce à ses professeurs, prêtres et amis catholiques, à l'environnement éducatif et surtout à sa découverte de la pensée de Pascal, il a peu à peu découvert un monde spirituel qui lui était auparavant étranger.

En 1945, il a rejoint la Jeunesse du Salut National qui œuvrait à lutter contre la famine dans sa ville natale. Le jeune intellectuel arpentait sa région pour collecter des dons de riz et s’occuper des enfants.

Il a ensuite exploré le bouddhisme, envisageant même de se faire moine, avant de se convertir au catholicisme. Dans ses mémoires, il évoque l'année 1949 comme une « grande bénédiction », une renaissance dans sa vie. Sa dévotion à sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus et son amour pour Marie sont devenus des piliers essentiels de sa vie spirituelle. Il s’est ensuite rendu en France pour poursuivre ses études. Il y a étudié la philosophie et a passé du temps à l'université de la Sorbonne, où il eut des contacts approfondis avec la philosophie et la pensée occidentales.

Retourné au Vietnam en 1965, l’élève est devenu professeur. Il a formé plusieurs générations d'étudiants, dont beaucoup sont devenus par la suite prêtres, moines, évêques, professeurs, intellectuels et militants dans divers domaines de la société. Après la chute de Saïgon en 1975, il a été envoyé dans un « camp de rééducation » pour anciens officiers du régime. Il y resta jusqu'au 25 août 1976, soit environ seize mois. À ses yeux, 1975 fut une seconde « grande bénédiction », une nouvelle « renaissance ». Il assurait que l'ego du professeur, du doyen, de l'intellectuel et du parvenu avait été purifié, et qu’il avait retrouvé grâce à son emprisonnement une vie plus simple. Il a rédigé ses mémoires en 1986, qu’il a conclues par les mots « Magnificat anima mea Dominum » – « Mon âme exalte le Seigneur ».

Témoin des bouleversements du Vietnam durant le XXe siècle, il a vécu les questionnements et les évolutions de ses contemporains. Il a fréquenté des écoles catholiques, des temples, des monastères, des universités, des amphithéâtres, des camps d'études, des bureaux gouvernementaux. « Il a parcouru un très long cycle de vie pour finalement revenir à ce qu'il a découvert lors de sa première rencontre avec le christianisme : Dieu est amour, et l'humanité est appelée à confier toute sa vie à cet amour », conclut le père Joseph Tran Van Hoc.

(Sources: Tong giao phan hue, 01/10/2026; Ucanews, 02/10/2026; Giao Phan Bùi Chu 30/09/2026; archidiocèse de Hanoï, 30/O9/2026)

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Publié le 21-09-2026
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