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« N’ajoutons pas à leur persécution notre indifférence »

© Theindigochxld, CC BY-SA 4.0 Wikimedia.

L’Aide à l’Église en Détresse (AED) a remis fin octobre 2026 un rapport qui liste 18 pays dans lesquels la situation des chrétiens s’est détériorée au cours de l’année 2025. En plus de la gravité des faits relevés, les responsables de cette Fondation pontificale craignent que la violence pour motif religieux soit occultée dans les médias. « N’ajoutons pas à leur persécution notre indifférence », enjoint Benoît de Blanpré, directeur de l’AED en France.

L’expansion de Daesh en 2014 a été l’occasion d’un réveil médiatique, rappelle-t-il. Les journalistes occidentaux ont relayé le calvaire des chrétiens et une partie du grand public a découvert qu’il existait des communautés en grave danger. Notamment celles des chrétiens qui résident dans des pays où ils sont ultra minoritaires, méprisés, voire ciblés. Systématiquement.

En 2025, année examinée par le rapport, Daesh n’est plus qu’une menace diffuse mais les chrétiens sont confrontés à une multitude d’autres défis. Dans la majorité des pays analysés par le rapport, les violences et les discriminations à l'encontre des chrétiens se sont intensifiées. Ils sont victimes de diverses formes d’oppression. Elles se traduisent par des attaques à main armée, des détentions arbitraires, des enlèvements… Mais aussi par des formes plus insidieuses comme les discriminations institutionnelles ou la marginalisation sociale et professionnelle.

Parmi les causes de ces discriminations relevées par ce rapport, le « nationalisme ethnoreligieux », dans un pays comme l’Inde. Pour des raisons politiques, le parti majoritaire, le BJP, porté par le Premier ministre Narendra Modi, impose l’hindouisme comme référence dans le pays. Les minorités religieuses subissent diverses pressions de la part de l’administration et ces pressions s’accroissent à chaque victoire électorale du BJP.

D’une façon encore plus critique, les chrétiens qui résident dans les pays traversés par le Sahel, en Afrique subsaharienne, subissent des exactions qui se répètent et s’aggravent. Au Nigeria et au Burkina Faso en particulier, des groupes djihadistes ciblent les fidèles, détruisent les lieux de culte et forcent le déplacement de millions de personnes.

Enfin, le Pakistan demeure un sujet de préoccupation constant pour l’AED. Les lois anti-blasphème continuent d'être instrumentalisées pour persécuter les non-musulmans. Ils subissent également des enlèvements et des conversions forcées de jeunes filles. Peter Bhatti, lui-même chrétien et pakistanais, a accompagné la sortie de ce rapport. Il a rappelé le combat de son frère Shabbaz Bhatti, ministre des Minorités, qui fut assassiné en 2011 pour avoir pris la défense de la mère de famille catholique, Asia Bibi. « La persécution religieuse demeure, aujourd’hui encore, une douloureuse réalité pour des millions de chrétiens », souligne Peter Bhatti. Rappelant le martyre de son frère, il a conclu son intervention en interrogeant l’assistance : « Que sommes-nous prêts à faire pour nos frères et sœurs persécutés ? »

(Source : Aide à l’Église en Détresse 27/10/2026)

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