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Béatification de cinq franciscains martyrs en Géorgie

Œuvre officielle des cinq martyrs franciscains de Géorgie, réalisée par l’artiste Jared Seff pour leur béatification le 31 octobre 2026 à Savannah, aux États-Unis /© Photo OSV News, Diocèse de Savannah.

L’Amérique n’oublie pas ce qu’elle doit aux missionnaires franciscains qui ont largement contribué à son évangélisation au cours des siècles. L’Église vit, depuis le 10 janvier 2026 et jusqu’au 10 janvier 2027, un jubilé proclamé par Léon XIV pour célébrer les 800 ans de la mort de saint François d’Assise. Au cœur de ce jubilé, le 31 octobre dernier, furent béatifiés cinq franciscains espagnols morts martyrs en 1597 dans l’actuel état de Géorgie.

L'Église, encore aujourd’hui et plus que jamais, appelle à la mission et invite chaque catholique à œuvrer à cette mission par la « la prière, le sacrifice et la générosité », comme le rappelle le père Anthony D. Andreassi dans un article paru sur catholic review, de l’archidiocèse de Baltimore (Maryland). Cet esprit anima particulièrement les premiers franciscains qui arrivèrent au XVIème siècle sur la côte de la Géorgie. Ils rencontrèrent les Guales, un peuple semi-agricole, qui vivait aussi de chasse et de pêche maritime. Ils étaient organisés en chefferies et le pouvoir se transmettait par les femmes. Ainsi, pour consolider leur alliances politiques et leur autorité, les chefs avaient pour coutume d’être polygames.

Les religieux ont entrepris un travail pacifique d’évangélisation en apprenant la langue des Guales et en s’adaptant à leurs conditions de vie modestes. La plupart des indigènes ainsi convertis adoptaient la loi du mariage chrétien.

Le conflit qui mena les cinq missionnaires au martyre a pour origine le refus d’un des chef Guale de se soumettre au précepte évangélique de la monogamie. Au moment où ce jeune guerrier, baptisé Juanillo, qui était l’héritier légitime de la puissante chefferie de Tolomato, décida de prendre une seconde épouse, il se heurta à la ferme opposition du missionnaire responsable de la mission locale, le père Pedro de Corpa. Furieux, Juanillo quitta la mission et organisa la rébellion. Il revint avec quelques compagnons le 14 septembre 1597 et tua d’un coup de hache le père Pedro, alors qu’il s’apprêtait à célébrer la messe dominicale.

Ensuite, décidés à éliminer toute la mission, Juanillo et son groupe assassinèrent les quatre autres prêtres franciscains, les frères Blas Rodríguez, Miguel de Añón, Antonio de Badajóz et Francisco de Veráscola, et détruisirent les églises et les symboles coloniaux. La répression militaire espagnole ne se fera pas attendre. Juanillo mourra en mai 1598, tué par des indigènes alliés de l’Espagne.

Le père Anthony D. Andreassi note dans son article combien « il est dangereux de réduire l’histoire [de ces cinq franciscains] à un simple affrontement entre le christianisme et la culture autochtone. La rencontre entre les Européens et les peuples autochtones des Amériques fut extrêmement complexe et son histoire est marquée par l'exploitation, la violence et une profonde perte culturelle. » L’Église, en canonisant ces martyrs, n’ignore pas cette réalité historique. Elle met cependant en valeur « le témoignage particulier de ces cinq hommes qui ont perdu la vie au service du Christ et de son Évangile. Ils avaient quitté leurs foyers et leur environnement familier pour vivre parmi des peuples dont la langue et le mode de vie étaient radicalement différents des leurs. »

Le cardinal Frank Leo, archevêque métropolitain de Toronto, a présidé la liturgie de béatification à Savannah (Géorgie) le 31 octobre. Il a rappelé trois aspects du martyre des cinq frères : leur réponse à l’appel universel à la sainteté, leur défense de la dignité humaine et du caractère sacré du mariage et de la famille, ainsi que leur engagement en faveur de l’évangélisation par le dialogue et la charité.

(Sources : catholicreview.org ; vaticannews.va 17/10/2026)

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