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Uruguay : encore un pays de mission

Données cartographiques / © 2026 Google.

Du 6 au 8 novembre prochain, le pape Léon XIV se rendra en Uruguay. Cette visite intervient dans le cadre d’un grand voyage apostolique en Amérique latine qui le conduira également en Argentine et au Pérou.

Préalablement, les évêques uruguayens ont effectué leur visite ad limina à Rome, mi-septembre. Ces visites ad limina sont organisées tous les 5-7 ans par les diverses conférences épiscopales du monde pour renforcer la communion avec le Saint-Père. La délégation uruguayenne a présenté à Léon XIV un document donnant un état des lieux spirituel et social du pays. Le Saint-Père ne s’est jamais rendu en Uruguay, mais il a rencontré des religieux augustiniens uruguayens du temps où il était supérieur de l’Ordre des Augustins.

Le président de la Conférence épiscopale uruguayenne, Mgr Milton Tróccoli, met beaucoup d’espérance en cette visite du pape : « La visite du Pape sera un renouveau de la foi ; beaucoup de gens ont parfois la foi un peu endormie. Je crois que ce sera un renouveau, une sorte de printemps spirituel pour tout l’Uruguay. »

Une des principales préoccupations de Léon XIV est la transmission de l’Évangile. Or Mgr. Tróccoli lui a affirmé : « Aujourd’hui, nous constatons parfois une rupture dans la transmission de l’Évangile, notamment au sein des familles. Nous ne pouvons plus supposer que ce sont les familles qui incitent leurs enfants ou leurs adolescents à aller à l’église ou à recevoir les sacrements. » Le prélat fait le même constat que dans beaucoup de pays occidentaux et sécularisés : une forte diminution des baptêmes d’enfants, mais une augmentation sensible des baptêmes d’adultes.

Cependant, la société uruguayenne reste profondément sécularisée : si le Jeudi Saint et le Vendredi Saint sont fériés, la Semaine Sainte n’existe pas officiellement : elle a été ׅrebaptisée “semaine du tourisme” par une loi de 1919. Seuls 35% des 3 millions d’Uruguayens se déclarent catholiques. Et parmi eux, seuls 10% vont à la messe tous les dimanches, soit environ 100 000 personnes. Dans ce pays de mission, l’accent doit être mis sur la première annonce, selon Mgr. Tróccoli.

Mais les défis sociaux que rencontre l’Église augmentent. Les évêques ont fait part au Saint-Père d’une « fragmentation sociale ». Mgr Tróccoli souligne qu’« il y a une augmentation de la violence résultant du trafic de drogue, à laquelle nous n’étions pas habitués ». Il s’agit d’un phénomène « nouveau et qui affecte grandement les familles ». La pauvreté infantile préoccupe beaucoup les évêques qui soulignent : « Le taux de suicides, notamment chez les jeunes, est élevé, le plus élevé d’Amérique latine. Cela soulève de nombreuses questions et représente un défi majeur pour notre Église ». Les pasteurs y voient un « manque de perspective plus transcendante ».

Le Saint-Père est donc attendu pour redonner une vive espérance face aux défis actuels. Sans doute, sa visite au sanctuaire marial des Trente-Trois ravivera l’élan missionnaire et la vitalité de l’Église en Uruguay. La Vierge des Trente-Trois, située à Florida, à 100km environ de la capitale, Montevideo, est la sainte patronne de l’Uruguay. Sa fête est célébrée le 8 novembre ou le deuxième dimanche de novembre. Cette année, les deux dates coïncident. Ce sanctuaire marial est marqué par l’histoire patriotique du pays. Cette terre d’abord espagnole, a été annexée par le Brésil en 1821.  Un groupe nommé les Treinta y Tres Orientales entreprend alors une guerre d’indépendance face au Brésil. Ce groupe se confie à la Vierge et gagne l’indépendance en 1825. En 1988, saint Jean-Paul II a prié dans ce sanctuaire dédié à la Vierge « gardienne de l’indépendance et de la liberté nationale ». La venue de Léon XIV marquera un nouveau tournant.

(Source : aciprensa.com)

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