Actualité en bref 

Au Venezuela, l’Église grandit dans l’adversité

© CC0 pxhere

Deux mois après le tremblement de terre du 24 juin, 62 jeunes de Tarmas, bourg proche de la côte nord du Venezuela, ont été confirmés. L’église de cette localité, Notre-Dame de la Chandeleur, a été partiellement détruite par la catastrophe, elle n’a plus de toit et son accès est périlleux. Les confirmands ont donc reçu le sacrement en plein air, devant la façade endommagée de leur édifice.

« Je suis convaincu que, malgré les défis, la foi de notre communauté continuera à grandir et à se fortifier dans le Christ Jésus », s’est réjoui le curé de la paroisse, le père Daniel Acosta. Il voit dans cette cérémonie le signe d’une Église vénézuélienne qui continue à grandir dans l’adversité. Le prêtre accompagne les familles touchées par la perte de proches, de leurs maisons et de leurs moyens de subsistance.

Le double tremblement de terre qui a frappé le pays le 24 juin a provoqué la mort de plus de 6 400 personnes et fait 86 000 blessés. Le Venezuela connaissait déjà une crise économique et sociale grave depuis plus d’une décennie, à cause du régime politique. Les services publics – eau, électricité, transports et santé - souffrent d'un sous-investissement chronique. Les salaires sont si bas que la majorité des Vénézuéliens doivent recourir au commerce informel. Confrontés à cette situation apparemment sans issue, un cinquième d’entre eux a choisi la fuite. Près de 7 millions de réfugiés ont pris la route de l’exil vers les pays voisins pour y tenter leurs chances, voire aux États-Unis, malgré les risques que comporte ce voyage.

Dans ces conditions délétères, l’Église catholique vénézuélienne fait figure de refuge pour les populations. Mgr Pablo Modesto, évêque de La Guaira, se réjouit que la mission de l’Église se maintienne malgré les difficultés. « Notre diocèse demeure ferme, actif et proche de son peuple. Aucun obstacle n’éteindra notre mission », assure-t-il. Dans son diocèse, les bâtiments ecclésiaux ont servi comme abri temporaire d’urgence et comme points de collectes pour les dons humanitaires. À présent, les prêtres, religieuses et volontaires accompagnent les victimes, pour une prise en charge du traumatisme qu’elles ont vécu.

L’évêque espère que ces manifestations de solidarité permettront de renforcer les liens d’une société qui tend à se diviser et à sombrer dans l’individualisme. « À chaque personne, à chaque famille qui traverse aujourd’hui des difficultés et des moments d’incertitude, je veux dire du fond du cœur : vous n’êtes pas seuls », conclut-il.

(Sources : Aide à l’Église en Détresse 03/09/2026 ; OSV News 24/09/2026)

Retour à l'accueil